XLIV La veille au soir, Mme la comtesse d’Estournelle était seule avec Émeraude. Toutes deux se promenaient au bord des falaises, et assistaient à un splendide coucher de soleil. La comtesse était rêveuse ; elle marchait parfois d’un pas inégal et brusque. Émeraude semblait respecter depuis longtemps cette méditation pénible, lorsque tout à coup elle s’arrêta et dit : – Tiens ! voilà notre messager. Comment peut-il donc être de retour ? Et elle étendait le doigt vers le petit chemin qui courait capricieux le long des falaises et venait de Locmaria. La silhouette d’un homme s’y détachait nettement sur le gris cendré du ciel. Cet homme, l’œil perçant d’Émeraude l’avait reconnu. C’était le jardinier parti le matin de la villa, chargé de la lettre que Mme d’Estournelle écrivait à Victo


