L Le surlendemain de l’arrivée de Paul de la Morlière à Paris, une jeune femme passait en voiture sur le boulevard des Italiens. Elle revenait du Bois toute seule, à demi couchée sur les coussins de maroquin bleu de sa Victoria, le regard vague et flottant, sans jamais se fixer sur les deux foules de promeneurs qui se croisaient aux deux côtés de la chaussée. Mais soudain, comme elle arrivait à la hauteur de la rue de Choiseul, elle fit un brusque mouvement de surprise, jeta un cri de joie, fit arrêter sa voiture et s’élança sur le trottoir avec la légèreté d’une chevrette. Un jeune homme cheminait lentement, le front penché, dans une attitude rêveuse et triste. – Paul ! s’écria-t-elle en courant à lui et lui serrant les deux mains. Le jeune homme releva la tête, eut à son tour un ge


