LIV La comtesse prit les mains d’Andrewitsch dans les siennes : – Allons ! enfant, lui dit-elle, soyez fort, soyez raisonnable... je n’aime pas mon mari... et je vous aime !... Il la regardait avec égarement et chancelait toujours. – Gaston, reprit-elle, je hais mon mari parce qu’il est indigne de mon amour, parce que je ne veux point être la complice de ses crimes. Andrewitsch tressaillit. – De quels crimes parlez-vous, madame ? – Mon mari, répondit-elle, est un voleur d’héritage. Le jeune homme fit un mouvement. – Écoutez, écoutez encore, continua-t-elle ; je suis une pauvre femme malheureuse et calomniée ; on a dit de moi que j’étais une créature perdue, et bien des gens me croiront coupable... Elle prit sa tête à deux mains et deux grosses larmes jaillirent de ses doigts. Or


