3.
Le petit bonhomme sur la lune IIIl était une fois une femme pauvre ; elle avait un fils qui s’appelait Janneken. Un beau jour, elle envoya Janneken dans la forêt pour y ramasser du bois.
Comme le petit vaurien n’avait guère envie de s’aventurer tout seul dans la forêt et qu’il n’avait pas non plus l’intention de s’y attarder, il s’empara à l’insu de sa mère d’une serpette et s’en alla. Au lieu de ramasser du bois sec, il coupa du bois vert, une bonne brassée dont il fit un fagot qu’il jeta sur son dos.
Il n’avait pas fait cinquante pas que le garde forestier l’interpellait :
— Janneken ! Le bois que je vois là, tu l’as coupé !
— Ce n’est pas vrai, rétorqua Janneken, je l’ai trouvé sur place.
— Dis plutôt que tu l’as volé ! reprit le garde forestier, on ne trouve nulle part du bois vert par terre.
— Je vous jure que je l’ai trouvé, fit Janneken.
— Si c’est comme ça, petit menteur, tu vas me suivre chez le châtelain, dit le garde forestier.
— Si je mens, assura Janneken en prêtant serment, que je me retrouve illico sur la lune.
Et voilà ce qui se produisit : Janneken n’avait pas eu le temps de finir sa phrase qu’il se trouva soulevé de terre et transporté sur la lune. Et quand la lune brille, on peut le voir là-haut, avec son fagot sur le dos.