CHAPITRE TROISIEME

2089 Mots
19 août 2022 Le Bronx NY — Cruger AVE Cruger Coffee 23 h 07 Hailey Encore un soir où je fais la fermeture. Victor souhaite m’avoir à l’usure. Heureusement qu’il m’a offert la journée de demain. J’ai tout de même la certitude qu’il l’a fait afin d’éviter de me payer trop d’heure supplémentaire. Contrairement aux autres soirs, je suis seule. Je remets l’intégralité des salles en place. Le nettoyage est presque terminé. Je m’avance au bar et mes pensées vont vers ce bel inconnu. Depuis trois jours que je ne l’ai pas vu. Il avait peut-être une mission dans le coin. Je me suis donc fait inutilement des films. En tout cas, une partie des pourboires qu’il m’a donnés m’a permis de racheter une selle solide pour le vélo de Sarah. Je ressuie les derniers verres et les range dans leur endroit habituel. J’entends la cloche de la porte d’entrée sonner. C’est impossible, qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas ces abrutis que quand c’est fermé, c’est vraiment fermé. Je me relève prête à bondir vers se demeurer pour le dégager. Je m’arrête directement dans mon élan quand je le vois. Trois jours exactement que je ne l’ai pas vu et il est encore plus beau que d’habitude. — Excusez-moi pour l’heure tardive, mais j’avais envie d’un café, me dit-il tout gêné en se caressant la nuque à l’aide de la main gauche. — Effectivement, nous sommes fermés, mais pour vous, je peux faire une exception, lui répondis-je l’air amusé. Je l’invite à prendre place à son endroit habituel et contourne le bar. Je reviens vers lui avec la tasse de café et son verre d’eau. Je m’apprête à partir, cependant il m’invite à me joindre à lui. Je le regarde dans les yeux. Ceux-ci m’envoient un message de supplication d’accepter son invitation. Je finis par tirer la chaise et m’assois à côté de lui. Nous restions ainsi durant cinq minutes sans nous parler. Je peux apercevoir quelque petite grimace sur ses lèvres à chaque gorgée. Il ne vient pas ici pour le café, c’est une certitude. Je joue avec mes doigts, un peu stressé de cette situation. Je me décide de rompre ce silence qui pèse l’atmosphère, mais il me devance. — Êtes-vous originaires d’ici ? me demande-t-il en tirant une nouvelle grimace après une gorgée. Il pose la tasse sur la table et me regarde dans les yeux en attendant ma réponse. Comment lui expliquer que j’ai fui ma ville d’origine après de violences conjugales ? Je ne le connais pas encore assez suffisamment pour m’ouvrir à lui sur un sujet aussi sensible. — Non, je suis originaire de Phoenix en Arizona. J’ai souhaité changer de vie il y a trois ans, lui répondis-je sans aller plus dans les détails. Pour l’instant mon passé ne le regarde pas. — Et vous vous retrouvez au Bronx, me fit-il surpris. Et oui, comment lui dire que la vie ici est très chère et quand tu repars de zéro, il faut bien faire certains sacrifices. — Mon amie avec qui je cohabite m’a proposé de nous installer ici le temps de nous remettre sur pied. Et, je ne pouvais pas pour l’instant me permettre d’un appartement dessus de mes moyens. Je fais énormément d’heures supplémentaires pour ce café, mais je vous avoue que ce n’est pas très bien payé. — J’ai bien aperçu une autre serveuse la dernière fois, pourquoi il n’y a pas un planning équilibré entre vous deux ? me demande-t-il en fronçant les sourcils. Il positionne le coude sur la table afin de tenir sa tête à l’aide de sa main. Il marque un point sur cette question. Déborah a un meilleur salaire et a des horaires plus facile que les miens. — Savez-vous qu’il m’a donné une journée de congé pour demain, dans le but de rétablir l’équilibre, lui dis-je d’une voix aiguë. C’est aussi une façon pour moi de me rassurer que je ne me fais pas avoir dans cette histoire. Il frotte les doigts sur son menton, l’air songeur. J’aperçois ses yeux vagabonder entre mes joues, mes yeux, ma bouche et mon menton. Il en profite pour mieux me regarder. Cette situation commence à me gêner, il le comprend directement et cesse sa contemplation. — Mais je vous avoue que j’ai un doute qu’ils entretiennent une relation, mon chef et ma collègue, lui balancé-je tout doucement. Il se met à rire en claquant des mains. Je le vois retirer sa veste pour être plus à l’aise. Il se lève et l’accroche au porte-manteau de la salle. J’observe à ma guise sa démarche. Il a de l’assurance, il me fait penser à ces hommes d’affaires sûrs d’eux. Son dos est très carré, tiret en V. À travers sa chemise, ses muscles s’entrevoient. Il a à la fois une belle gueule, mais aussi un beau corps. Les muscles de ses cuisses sont saillants et je crois rêver quand je ressens un liquide coulé de ma bouche. Fort heureusement, il ne s’en aperçoit pas. Je le vois se diriger vers le juke-box. Depuis que je travaille dans cet endroit, il est le premier à s’intéresser à cet appareil. Amusée, je me lève et m’approche de lui. — Un juke-box des années soixante, marche-t-il ou fait-il tout simplement bonne figure ? me demande-t-il en pouffant de rire. Je rigole de même, puisque je suis incapable de lui répondre. — Je n’en ai absolument aucune idée, vous êtes le premier à vous en intéresser, lui répondis-je en touchant l’appareil avec ma main droite, le sourire aux lèvres. — Regardons ça alors, patientez, regardons déjà s’il est branché. Il regarde derrière l’appareil et constate qu’effectivement, il est débranché. Amusé par cette situation, il me regarde avec un grand sourire et claque sa main contre le front. — Effectivement, il ne peut pas fonctionner s’il la prise n’est pas branché au conduit électrique, dit-il en éclatant de rire. J’en fais de même en mettant ma main sur ma bouche. Il a réussi à me détendre. Je suis moins stressée à l’idée d’être seule avec lui à une heure aussi tardive. — Sacré Victor, il achète un Juke-box pour la décoration, fais-je remarquer à mon ami du soir qui tente d’activer l’appareil après l’avoir branché. Il met une pièce à l’endroit indiqué et sélectionne la musique Can’t Help Falling in Love d’Elvis Presley. Satisfait de lui, il me regarde avec un sourire à renverser. Il positionne la main droite sur son cœur et avance vers moi en chantant. Un peu gêner, mes joues se rosissent. — Une petite danse belle demoiselle, me propose-t-il en me tendant la main. J’approuve de la tête avec un sourire amusé au bord des lèvres. Il m’attrape par les hanches à l’aide de sa main droite. Avec celle de gauche, il attrape la mienne et la positionne sur son épaule. Nous commençons à valser en nous regardant dans les yeux. Ce moment intime me produit un effet de bien-être que je n’avais pas ressenti depuis de nombreuses années. Nous dansons sans rien nous dire pendant la chanson. Quand le Juke-Box termine la diffusion, il fait un bruit catastrophique et une fumée se dégage. Paniquée, je lâche mon amie du soir et cours vers l’appareil. Il fait de même et le débranche. Il soupire et rigole en se positionnant assis dessus. — Il est irrévocablement un objet de décoration, fait-il en se mordant la lèvre inférieure. J’éclate de rire à cela. J’aurais au moins vécu un bon moment dans ses bras. Il saute et s’avance vers moi, toujours le sourire aux lèvres. Il est tellement grand à côté de moi, que je dois lever la tête pour le regarder. De sa main gauche, il replace une mèche de cheveux qui cachait une partie de mon visage et en profite pour me caresser la joue. Un sourire en coin, il mord sa lèvre inférieure. — Tu as des yeux magnifiques, ce vert translucide est vraiment rare. J’adore aussi ces petits grains de beauté que tu as sur ton visage. Sa respiration devient de plus en plus forte. — Merci, ce mot est la seule chose que j’arrive à sortir de ma bouche. Je baisse la tête pour éviter de le regarder. J’ignore comment réagir, mon corps me dit de lui sauter dessus, mais ma tête me dit de ne rien faire. Il attrape mon menton à l’aide de sa main droite et m’oblige à le regarder. De son pouce, il caresse la joue. — J’ai une envie irrésistible de t’embrasser, me fit-il d’une voix douce et sensuelle. Et, puis tant pis ce que me dit ma tête, cet homme me plaît alors, je me laisse tenter. — Qu’attends-tu pour le faire alors, lui dis-je d’un air coquin qui l’autorise à m’embrasser. Sans attendre plus longtemps, il plaque ses lèvres sur les miennes. La chaleur de ses lèvres pulpeuse me parcourt une sensation de plaisir absolu. Il me plaque de ses bras puissants contre lui et très vite, nous n’arrivons plus à nous contrôler. Il attrape mes cuisses et me soulève. Il nous entraine tous les deux vers les banquettes rouges du coin vintage. Il s’assoit et me met à califourchon sur lui. Ses deux mains viennent caresser le dos et descendent sur mes fesses. J’enfonce les doigts dans sa chevelure pour savourer cet échange de plus en plus excitant. Mon bassin ondule au-dessus de lui. Sa main droite vient presser mon sein droit. Il tire sur ma bretelle et sa bouche quitte la mienne afin de se poser sur le haut de ma poitrine. J’émets un cri de plaisir. Oh que oui, j’ai envie de cet homme. — J’ai tellement envie de toi, me fit-il le souffle coupé en s’emparant de nouveau de mes lèvres. Mon bassin ondule de plus en plus, nos deux sexes cachés sous nos vêtements sont entièrement excités. Je sens son entre-jambe gonflé qui frotte le mien. Avec sa main gauche, il vient s’aventurer vers mon entre-jambe. Il la glisse entre ces tissus. De ses deux doigts, il me caresse mon petit point sensible. J’arrête sur le coup de l’embrasser et renverse ma tête en arrière. J’ondule encore plus fort en lâchant des râles de plaisir. Il me fait l’amour avec seulement deux doigts qui frottent mon c******s. — Jouis pour moi ma belle, laisse-toi transporter par un o*****e, me dit-il en attrapant ma tête de son autre main et me fixant dans les yeux. Sa bouche s’approche de mon oreille et sa langue vient le lécher puis descend vers mon cou. Ses doigts qui me maltraitent mon c******s se font de plus en plus puissant. Mon o*****e est sur le point de venir. Il quitte le cou et vient brutalement plaquer la bouche sur la mienne. Ma jouissance est tellement forte que mon cri est dispersé dans la salle. Il s’arrête doucement et sort ses doigts de ma culotte. Ses yeux viennent fixer les miens et un sourire se dessine entre ses lèvres. — Comment as-tu réussi à faire ça, lui demandé-je étonnée ? Je penche ma tête sur le côté en attendant sa réponse. Ses deux mains caressent mes cuisses. — À faire quoi, me répond-il amusé. Il a très bien compris ma question, mais en joue. — À me faire jouir avec juste deux doigts sur mon c******s, lui dis-je. Je n’arrive pas à croire que c’était possible aussi vite. Tu sais, j’ai eu plusieurs relations, et il fallait beaucoup de travail pour réussir à me monter au septième ciel. — L’expérience ma jolie, c’est l’expérience, me fit-il sûr de lui avec un sourire qui montre toutes ses dents blanches. Mais, qui est cet homme ? Comment a-t-il réussi, en quelque temps, à me faire craquer à tel point auquel mes pensées lui sont siennes ? Qui est cet homme qui m’a fait jouir en quelques minutes rien qu’avec deux doigts ? Et, surtout, quel est son prénom. Je ne le connais même pas et pourtant nous avons franchi une étape très importante. — Quel est ton prénom, je m’aperçois que je ne connais rien de toi, lui fais-je remarquer. — Je m’appelle Noah, et pour le reste, tu le découvriras plus vite que tu le penses, me dit-il en me posant sur le côté. Il se relève et récupère sa veste. — Je vais t’appeler un taxi, tu ne vas pas rentrer seule dans ces rues dangereuses. Je hoche la tête d’approbation. Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé, mais une chose est certaine, cet homme vient de chambouler ma vie.
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