Chapitre 61 LE POINT DE VUE D'ALAYA La porte métallique s’est refermée derrière moi dans un fracas qui a résonné jusque dans mes entrailles. Un bruit sec, brutal, comme un couperet tombant. J’ai eu la sensation qu’on m’arrachait au monde, qu’on scellait mon sort dans cet espace étroit et glacial. La cellule puait le mélange de sueur rance, d’urine séchée et de désespoir. L’air était si lourd que j’ai cru suffoquer dès mes premiers pas. J’ai osé lever les yeux. Elles étaient là. Quatre femmes, leurs regards vrillant sur moi comme des lames affûtées. — Encore une petite nouvelle… chuchota l’une, les dents jaunies par le tabac. — Regarde-moi ça, une fragile, ricana une autre, une cicatrice lui barrant la joue. Leurs rires étaient secs, cruels, sans chaleur. Je me suis sentie comme une p


