Chapitre 63 LE POINT DE VUE DE D'AMENDA Quand je pousse la porte de la chambre d’hôpital, la première chose que je remarque, c’est ce mélange d’odeurs : désinfectant, draps propres, et ce parfum métallique de sang séché que même les murs ne savent pas oublier. Elias est là, allongé, le visage tourné vers la fenêtre. Quand il tourne la tête vers moi, mon cœur se serre. Il sourit, mais ce sourire est fragile. Ses lèvres pâles tremblent légèrement et ses joues sont creuses. Des pansements entourent encore son torse, on devine sous la chemise d’hôpital les bandages qui lui serrent les côtes cassées. Sa respiration est lente, lourde, mais régulière. Je m’avance, forçant un sourire malgré la boule dans ma gorge. — Comment tu te sens ? demandé-je doucement, comme si ma voix pouvait le briser


