IXArthur et Sarah avaient traversé le bâtiment sur toute sa longueur avant d’atteindre un vaste atelier de mareyage. Dans un hangar glacial, devant de longues tables d’inox et de polypropylène, des équipes d’hommes et de femmes en bottes, en blouses blanches et tabliers de caoutchouc, s’affairaient. Avec une précision de chirurgiens, ils débitaient, en gestes mécaniques, des flots de poissons portés par des chaînes électriques. Les lames, tranchantes comme des rasoirs, fendaient les ventres, détachaient les arêtes. Les couteaux glissaient dans la chair blanche, sectionnaient les viscères, grattaient les péritoines brillants, arrachaient les branchies rougies de sang clair. On « tirait » la roussette, le chien de mer, ce squale à la peau râpeuse, lui pelant le corps d’un coup sec, écorchan


