Chapitre 6 : La lettre
Dans la salle, Riley et Jasper discutent.
- Il faut qu'on se débarrasse d'elle. Elle va nous pourrir la vie cette cinglée de pseudo cheffe là ! Non mais tu as vu comme elle nous a parlé ! Encore tout à l'heure là ! (dit Jasper)
- Puis Joris qui fait du zèle là ! D'ailleurs, tu as remarqué qu'il l'appelle par son prénom ! Lyne part ci, Lyne part là ! Entièrement soumis le mec !
- Tu sais quoi ! Je suis sûr qu'il est amoureux d'elle. (dit Jasper)
- Tu crois ?
- Juste comme il la regarde, c'est flagrant. Si ça se trouve, ils couchent ensemble ! D'ailleurs ça expliquerait peut-être pourquoi il est si sympa avec elle. Je suis sûr qu'on n’est pas loin de la réalité !
- Tu imagines Terrens le chef de Hyland débarque et il voit Joris se taper sa femme ! (dit Riley)
- C'est quoi le rapport avec Terrens de Hyland.
- Ben elle, c'est la femme du chef de district de Hyland.
- Ah bon !
- Oui ! Tu n'avais jamais entendu parler d'elle ?
- Ce qui se passe dans les autres districts, je m'en tape un peu en fait !
- Puis si vous avez envie de vous foutre de sa gueule, Lyne c'est qu'un surnom, elle s'appelle Maryline.
- Comment tu sais ça !
- Je le sais, c'est tout !
Ils rigolent tous les deux.
- Purée ça me donne une idée. (dit Jasper)
- Quoi ?
- Tu verras, mais ça va bien foutre la m***e. La Terrens elle va vite se barrer après et Joris, je ne donne pas cher de sa peau.
- Dit moi ce que tu veux faire mec ! (demande Riley intrigué)
- Juste quelque chose qui pourrait détruire sa vie. Mais remarque je pourrais demander à des gros bras que je connais de lui péter la gueule aussi. S'ils viennent et font en sorte qu'elle soit tellement amochée qu'elle ne puisse plus bosser, on aura la paix au moins.
- Non mais ça ne va pas ! Jasper il ne faut pas aller trop loin.
- Eh pourquoi ?
- Parce que je ne veux pas qu'on lui fasse du mal ! Ce que je veux c'est qu'elle dégage ! Sa gueule m’insupporte, mais je ne veux pas qu'on la tabasse, c'est n'importe quoi ça !
- Qu'est-ce-que tu en as à faire ?
- Je ne suis pas pour la violence ! C'est tout ! On va lui faire la misère, mais je ne veux pas d'atteinte physique ! Compris !
- Oui ! C'est bon !
La semaine qui suit, j'arrive dans les locaux de Hyland.
- Salut ! (dis-je)
- Salut Lyne ! Comment ça va ? (demande Brad)
- On va dire que ça pourrait être pire !
- Oh là ! Ça n'a pas l'air d'être facile là-bas !
- Disons que je suis bien contente pour un après-midi de retrouver mes anciens locaux et mon ancienne équipe. Ça donne un coup d'air frais !
- Tu es en repos ?
- Non, je suis là pour faire passer des entretiens de recrutement pour Rivemond.
- Ah bon ! Mais pourquoi ici ?
- Ben parce que si des femmes se rendent compte de l'ambiance qui règne là-bas elles vont fuir !
- C'est à ce point ?
- Il y a des bons éléments, mais il y a deux gars là, ce sont des pourritures et encore, il y en avait trois, mais l'un s'est adouci.
- Je vois !
- Ils sont sans scrupules ! Tu sais qu'ils ont osé me traiter de s****e !
- Non mais c'est grave ! Ils ne manquent pas de cran d'insulter la cheffe !
Maryn arrive.
- Bonjour Lyne ! Ça va ?
- Oui et vous ?
- Bien ! Vous venez vous réfugier ?
- J'aimerais bien ! Je dois faire passer des entretiens pour Rivemond. Je peux prendre la salle de Staff ?
- Je vais vous prêter mon bureau ! Ryan est en intervention et il ne rentrera pas maintenant !
- Je dirais que c'est une bonne idée de les faire passer ici. En voyant l'environnement de là-bas les gens pourraient fuir.
- Tiens Brad ! Qu'est-ce-que je disais !
- Ils ne vous mènent pas la vie trop dure ? (demande Maryn)
- Je maîtrise. Ne vous en faites pas !
- Faites attention à vous quand même ! Ce ne sont pas des tendres.
- Ils sont en intervention les autres ?
Oui, un triple homicide dans un pub. Je suis ici pour superviser les premières recherches.
- Je vois ! Bon boulot, bonne organisation comme d'habitude. On peut vous confier la boutique en toute sérénité. Ça fait vraiment plaisir. Je vous félicite vraiment.
- Merci ! C'est gentil ! Mais vous nous manquez. (dit Maryn)
- Moi aussi !
Je fais passer les entretiens et trouve deux bonnes recrues.
Le lendemain, je parle de mes recrues à Joris.
- Donc voici les deux dossiers. Je vous en parle.
- Volontiers
- Alors nous avons Alice Anderson, 29 ans qui a été promu lieutenant l'an dernier. Elle assure pour l'instant des remplacements dans diverses unités du Michigan, Wisconsin et l'Illinois. Elle a réussi à identifier le tueur en série Matt Douglas, elle a été à l'université Johns Hopkins avant d'intégrer l'école de police de Chicago où elle a été vice-major de promo.
- C'est un bon profil.
- Oui, elle a un énorme potentiel et en plus, d'une gentillesse ! Elle fait partie de plusieurs associations d'aide aux victimes. Elle est très bien.
- Et la deuxième ?
- Julie Cardot, trente et un ans, elle est lieutenant depuis trois ans après avoir validé une équivalence à New-york. Elle a dû passer cette équivalence car elle a été diplômée à l'institut national de police à Paris où les places reviennent aux meilleurs étudiants. Elle est actuellement à la PJ de Fort Wayne en attendant une place à Chicago ou New-York.
- Oui, il est clair que sa place est dans une grande unité.
- Oui ! Donc ces deux femmes arrivent dans un mois. Fort Wayne accepte de me libérer le lieutenant Cardot et le lieutenant Anderson finit sa mission dans deux semaines mais souhaiterait s'accorder quinze jours de repos.
- Parfait ! C'est un excellent recrutement.
- Merci !
Un peu plus tard, Ryan débarque dans les locaux de Rivemond.
- Bonjour (souriant)
- Bonjour ! Ça va ?
- Oui et toi ?
- Bien ! Ça se passe bien ?
- Écoute, je dirais que ça va mieux. J'ai encore des difficultés avec deux ou trois hommes, mais dans l'ensemble ça va.
- En tout cas, les locaux sont déjà plus présentables, je te félicite.
- Merci ! Tiens j'ai réussi à arrêter un suspect pour l'affaire Troy.
- Non tu plaisantes ! Tu as réussi à reprendre cette affaire qui traîne depuis huit mois.
- C'était juste une recherche ADN que l'équipe ne maîtrisait pas. J'ai décidé d'envoyer Lauryne en formation pour qu'elle soit performante à ce niveau-là.
- Ecoute Lyne ! Est-ce-que David Joris est là ?
- Oui, il est dans son bureau !
- Tu peux lui demander de venir s'il te plait !
- C'est grave ?
- Je vais vous en parler mais ce n'est pas plaisant du tout.
- Ah oui ! Ça a l'air sérieux !
J'appelle David Joris qui arrive rapidement.
- Chef Terrens bonjour ! (lui serrant la main)
- Bonjour !
Nous nous asseyons tous les trois.
- Voilà, je suis bien embêté, mais j'ai reçu ce matin un courrier anonyme.
- Un courrier anonyme ?! Mais ça disait quoi ?
Ryan me tend le mot.
- C'est quoi ça encore ? Non mais ils n'ont pas de limite !
Je montre le mot à David.
- « Je suis désolé de vous l'annoncer, mais le chef-adjoint Joris couche avec votre femme. Je les ai surpris, j’en suis désolé ! Faite attention à ce qui se passe derrière votre dos. Bien cordialement, une membre de l'équipe de Rivemond qui ne supporte pas l'infidélité. »
- Non mais Ryan ! Tu ne crois quand même pas à ce tissu de mensonge.
- Bien évidemment que non !
- C'est flagrant que ça sent le coup monté ! Vous avez vu que l'auteur met « une membre ». Il y a qu'une seule femme ici et de plus, c'est orthographié comme si c'était un homme qui avait écrit. Les "ée" ils sont où ? C'est un homme qui a écrit, c'est sûr ! (dit David)
- Et je ne la vois pas faire ça ! (dis-je)
- Honnêtement moi non plus. Lauryne est droite et honnête.
- Oui, je pense la même chose. De toute façon ce sont les mêmes que d'habitude. Bien évidemment, je suppose qu'il n'y a pas d'empreinte ! (dis-je)
- Travail de pro. (répond Ryan)
- Écoutez Chef Terrens, je vous assure que vous n'avez rien à craindre. Votre femme ne m'intéresse pas !
Ryan me regarde.
- Pardon ! Vous oseriez dire que ma femme n'est pas séduisante.
- Non mais ce n'est pas ce que je voulais dire....Si elle est belle mais...
- Mais..... ?
- Ben ! Personne ne le sait ici au vu de la mentalité de l'équipe, mais ben.... Je suis marié avec un homme.
- Ah oui en effet ! Je comprends ! Mon mari vous taquine ceci étant dit !
- Vous m'avez fait peur !
Ils rigolent tous les trois.
- Ne vous inquiétez pas, votre secret sera bien gardé ! (dis-je)
- Merci !
- Néanmoins il va falloir qu'on s'occupe de ce torchon. (dit Ryan)
- Oui !
Nous réunissons tout le monde en salle de réunion.
A suivre