Chapitre 5

1299 Mots
‘‘(Voix de Rose) Chers lecteurs, deux jours seulement se sont écoulés et tellement de choses se sont déjà passées. Laissez-moi donc vous aider à vous mettre à jour. Commençons par annoncer officiellement l’arrivée dans notre lycée de Monsieur Maël Rogers, que son fan club a déjà renommé le Petit Prince. Son père étant le PDG d’une grande multinationale, et étant lui-même beau gosse, il ne passe pas inaperçu dans les couloirs, à croire même que les filles ne voient que lui dans les couloirs. Et notre chère Lyse ne fait pas exception. Elle s’est même portée volontaire pour lui faire la visite complète de lycée, en commençant bien sûr par lui faire découvrir les profondeurs de son corps de divas, un monument incontournable. Parlant des divas, elles sont de nouveau réunies et plus en forme que jamais. Pendant que Lyse cours après son Petit Prince, les gémissements de Bérénice raisonnent dans tout le bâtiment, et ne parlons même pas de Ruby qui revient soudainement aujourd’hui, mais avec la peau sur les os… Ma pauvre, qu’est-ce que tes copines t’ont fait avaler ? Mais soyez compréhensifs, comment les élèves pourraient bien se comporter, alors que leur propre directrice n’est pas un exemple ? Apparemment, elle aurait…’’ BOUEEEEEEUUUUUUUURH… J’en peux plus, j’ai l’impression que mes boyaux se tordent et retordent sur eux même. Je me sens tellement mal, à l’intérieur comme à l’extérieur, que même lire les histoires de Rose ne m’aide pas à me détendre. Il est 6h 30, c’est la troisième fois que je vomis, j’ai une sale gueule et si je ne me prépare pas tout de suite, je vais être en retard. Pourquoi je suis dans cet état ? Simplement parce que j’ai pleuré toute la nuit, sans manger ni prendre mon traitement, du coup mon corps me fait regretter ma race. Encore heureux que je n’ai pas fait d’arythmie ou un truc du genre. Je me lève du sol, tant bien que mal, et tire la chasse sur mes vomis, avant de me mettre devant le miroir. Mais je préfère ne pas trop m’attarder sur mon reflet tellement il est effrayant. J’ouvre un des tiroirs au-dessus du miroir et en sors une trousse. Je l’ouvre et prends une seringue et un flacon contenant une substance liquide transparente, c’est l’équivalent de tout mon traitement dans un flacon, mais c’est à consommer avec modération tellement c’est puissant. J’y plante donc ma seringue avec laquelle je prélève le liquide, puis je m’injecte une partie dans le muscle de la cuisse droite, et l’autre dans la gauche. J’ai l’air d’une vraie droguée. Je suis tellement mal que je ne ressens même plus la douleur. J’abandonne la seringue dans l’évier avant de m’assoir au sol et de m’adosser contre un mur. Alors que le médicament commence à faire effet, je ferme les yeux et mes pensées se mélangent. Je m’en veux tellement d’avoir mal parlé à Elyas, je ne veux pas le perdre, mais je veux qu’il s’ouvre réellement à moi, je veux qu’il ressente pour moi ce que je ressens pour lui, et surtout qu’il me le dise… Je n’ai pas vraiment confiance en Maël… Mais je crois que son idée n’est pas totalement foireuse, juste dangereuse… Alors que je me perds dans mon imagination, je me sens de plus en plus lourde, épuisée, étourdie, et très vite, tout devient sombre… - Toc toc ? Maya ? Ça va ? J’ouvre lentement les yeux alors que la voix de mon père derrière la porte de ma chambre retentit dans ma tête comme la voix d’un oiseau. Il me faut plusieurs secondes pour reprendre conscience de moi et de mon environnement, avant de pouvoir chercher la force de faire fonctionner mes cordes vocales tant bien que mal. - Oui… Je vais bien… - Tu es sur ? Ouvre, tu es en retard pour l’école Je traine mon corps et l’étire pour pouvoir regarder l’horloge dans ma chambre, il est 7h 40. m***e ! Je me suis endormie. - Hum… Je m’habille… Je vais bien t’inquiète… Il reste silencieux un petit moment et je sens qu’il n’est pas convaincu, mais je ne peux pas lui dire la vérité sinon j’irais finir la semaine en soins intensifs, ma deuxième maison. Heureusement, il finit par accepter d’aller m’attendre en bas. Je me tiens alors au mur et tente de me relever malgré mon vertige. Je me replace devant l’évier. Je fouille rapidement la trousse et trouve mon inhalateur en tube, je l’ouvre, me bouche une narine et inspire un grand coup avec l’autre sur le tube. Une forte odeur de fraicheur et de menthe me remplit les voies nasales et me pique les yeux, parfait pour se remettre les idées en place. Le médicament ayant fait son effet, je range un peu ma douche et ma chambre et me prépare rapidement pour aller en cours. Je descends ensuite dans la salle à manger et, en voyant le petit déjeuner sur la table, mon estomac se met à chanter l’opéra Russe. L’un des effets secondaires du médicament que j’ai pris est que ça me donne une faim de loup, je pourrais littéralement manger un ours. Je m’assois à peine et commence à enchainer les bouchées en oubliant presque de mâcher. Mon père, de l’autre côté de la table, me regarde silencieusement avec un petit sourire sur les lèvres, mais de l’inquiétude visible dans le regard. J’essaie de me calmer et de faire comme si de rien n’étais, mais c’est sans compter sur son silence. - Ça te plait ? Je me contente d’hocher la tête. - Tu n’as rien mangé hier soir, tu te sentais mal ? Et ce matin ? Je secoue la tête en avalant pour répondre en ayant l’air convaincant. - J’ai juste trop dormi ce matin… Tu sais, ils ont commencé à nous donner beaucoup de devoirs… Du coup, j’ai révisé tard… Il me regarde et je ne pense pas l’avoir convaincu, mais il n’en rajoute pas. Je finis alors mon petit déjeuner en un éclair avant de rassembler mes affaires et d’ouvrir la porte, comme à mon habitude, en criant un « Bonne journée ». Mais cette fois-ci, je reste figée devant la porte en ne voyant pas la voiture d’Elyas à son poste. J’ai comme un pincement au cœur, mais j’essaye de me convaincre que c’est juste moi qui suis en retard. Donc, je me retourne vers mon père qui venait regarder ce que je faisais devant la porte et qui, d’un coup d’œil, comprend. - Ah oui, il n’est pas venu ce matin, je trouvais ça aussi étrange. Il s’est passé quelque chose entre vous ? Je retiens mes larmes en apprenant qu’il n’est simplement pas venue me chercher. Depuis que l’on se connait, avant même qu’il ne passe le permis, il venait me chercher pour aller à l’école, parfois à vélo, parfois même sur son dos. Et la… - On s’est un peu disputés… Rien de grave… Je crois… - Ne t’inquiète pas, je suis sûr que ce n’est rien. Mais assure-toi de faire la paix avec lui au plus vite, ok ? J’hoche la tête comme toute réponse, même si je n’en suis pas aussi sûr que lui. - Attends-moi là, je vais chercher mes clés pour te déposer rapidement Il s’en va, revient, démarre la voiture, et nous nous mettons en route vers l’école. Mais plus on avance et plus je me dis qu’il aurait peut-être été mieux que j’aille finir la semaine aux soins intensifs, Ça m’aurais évité de devoir confronter Elyas. S’il n’est pas venu ce matin, c’est qu’il doit être très fâché contre moi, et ça m’effraye un peu… Après plusieurs minutes d’appréhension dans la voiture, j’arrive à l’école à 8h 38, et à mon grand étonnement, il est absent…
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