Dès que ce ministre fut sorti, une porte secrète introduisit chez le prince le fiscal général Rassi, qui s’avança plié en deux et saluant à chaque pas. La mine de ce coquin-là était à peindre; elle rendait justice à toute l’infamie de son rôle, et, tandis que les mouvements rapides et désordonnés de ses yeux trahissaient la connaissance qu’il avait de ses mérites, l’assurance arrogante et grimaçante de sa bouche montrait qu’il savait lutter contre le mépris. Comme ce personnage va prendre une assez grande influence sur la destinée de Fabrice, on peut en dire un mot. Il était grand, il avait de beaux yeux fort intelligents, mais un visage abîmé par la petite vérole; pour de l’esprit, il en avait, et beaucoup et du plus fin; on lui accordait de posséder parfaitement la science du droit, mai


