Dans les ruelles calmes de Tôtes, le printemps s’épanouissait en une fresque éclatante, où les pavés, luisants des dernières pluies, scintillaient sous un soleil ardent, et les champs s’habillaient de coquelicots et de marguerites dansant sous une brise parfumée. Les senteurs de jasmin et de roses emplissaient l’air, et les habitants, portés par la douceur de la saison, emplissaient la petite ville d’une animation insouciante. Dans la maison de Charles Bovary, cependant, une ombre suffocante enveloppait Emma, dont l’obsession pour sa liaison clandestine avec Léon Dupuis s’était effondrée sous le poids de ses dettes. Leurs rendez-vous secrets à Rouen, tendres mais dépourvus de la passion brute qu’elle avait connue avec Rodolphe Boulanger, n’avaient pas comblé le vide laissé par sa rupture.


