Dans les ruelles animées de Rouen, le printemps de 1870 déployait une fresque éclatante, où les pavés, luisants sous un soleil radieux, scintillaient comme des miroirs, et les marchés regorgeaient de tissus colorés et de fleurs odorantes. Les senteurs de jasmin et de tissu neuf emplissaient l’air, tandis que les habitants, portés par la douceur de la saison, échangeaient rires et marchandages. Pour Berthe Bovary, âgée de vingt-deux ans, ce printemps était une saison de renouveau. Après avoir quitté la maison oppressive de sa tante, Madame Duval, elle s’épanouissait comme couturière chez Madame Claire, soutenue par sa nouvelle amie Sophie. La découverte des journaux d’Emma, révélant les rêves passionnés de sa mère, lui avait donné une force intérieure, mais Berthe doutait encore de son tale


