XIIISa présence n’avait fait qu’arrêter la mort un instant. Elle n’était plus là, pourquoi aurais-je vécu ? Mon sang battait avec fureur dans mes veines ; le délire me prit, pendant de longs jours il ne me quitta pas ; mais si le bonheur fait mal, il ne tue pas. Le jour où la fièvre s’apaisa, l’amiral était à mes côtés ; son rude visage exprimait une sollicitude si tendre, que des larmes coulèrent de mes yeux. Ces larmes furent mon salut ; un sommeil sans rêve descendit sur moi. Quand, au bout de quelques heures, je me réveillai : – Il est sauvé, dit le médecin. – Ah ! docteur, dit l’amiral, ne me trompez pas ; c’est mon petit frère ce grand garçon-là. Tous les jours mon vieil ami passa plusieurs heures avec moi. – Qui m’expliquera, me dit-il un matin, les phénomènes du délire ? Save


