IXJ’avais cru tout d’abord à un accident. J’avais pensé que René, trouvant des pistolets et ne les croyant pas chargés, les avait maniés imprudemment. Mais après les paroles qui lui étaient échappées, l’illusion n’était pas possible. Je l’avais bien entendu : – Je me suis tué, avait dit René. « Je me suis tué ! » Qu’avait-il pu se passer dans ce cerveau pour que l’idée de la mort s’en fût instantanément emparée ? Ce suicide étrange, comment s’en rendre compte, de la part d’un homme qui venait de se déclarer en plein bonheur, qui, deux minutes avant de se livrer au dernier acte de désespoir, hâtait avec une vivacité juvénile l’heure prochaine de son déjeuner ? La chambre où le plus funeste des hasards nous avait conduits n’avait rien de funèbre. Quel fantôme, invisible pour tout autre, a


