XVIIIMadame de Bonmont n’eut point de peine à réunir chez elle Raoul Marcien et M. l’abbé Guitrel. La rencontre fut telle qu’on pouvait l’espérer. M. l’abbé Guitrel avait de l’onction. Raoul avait du monde et savait ce qu’on doit à l’Église. – Monsieur l’abbé, dit-il, je suis d’une famille de prêtres et de soldats. Moi-même j’ai servi ; c’est vous dire… Il n’acheva pas. M. Guitrel lui tendit la main et répliqua en souriant : – Je crois bien que nous faisons ici l’alliance du sabre et du goupillon… Entreprenant aussitôt sa gravité sacerdotale : – Alliance heureuse entre toutes, et bien naturelle. Nous sommes aussi des soldats. Pour ma part, j’aime beaucoup les militaires. Madame de Bonmont regarda d’un œil sympathique l’abbé qui poursuivit : – Dans le diocèse auquel j’appartiens, nous


