XXI La tortueSophie aimait les bêtes : elle avait déjà eu un poulet, un écureuil, un chat, un âne ; sa maman ne voulait pas lui donner un chien, de peur qu’il ne devînt enragé, ce qui arrive assez souvent. « Quelle bête pourrais-je donc avoir ? demanda-t-elle un jour à sa maman. J’en voudrais une qui ne pût pas me faire de mal, qui ne pût pas se sauver et qui ne fût pas difficile à soigner. MADAME DE RÉAN – Alors je ne vois que la tortue qui puisse te convenir. SOPHIE – C’est vrai, cela ! C’est très gentil, une tortue, et il n’y a pas de danger qu’elle se sauve. MADAME DE RÉAN, riant. Et si elle voulait se sauver, tu aurais toujours le temps de la rattraper. SOPHIE – Achetez-moi une tortue, maman, achetez-moi une tortue. MADAME DE RÉAN – Quelle folie ! c’est en plaisantant que je t


