Tante essaie de me consoler mais je suis inconsolable.
Tante : Je vais me fâcher inh Hafsa. Que t'arrive t-il au juste ?
Moi : Ma tante je dois vous dire quelque chose.
Tante : Oui je t'écoute. Dis-moi.
Moi : En fin de compte, non! Je ne peux pas vous dire ça. Je ne sais pas comment vous le dire.
Je suis partie en courant puis je suis allée m'enfermer dans ma chambre. C'est horrible. À présent que vais-je faire de ce secret ? Je ne peux pas le dire à tante parce qu'elle ne pourra pas le supporter.
*****Le lendemain matin
Inutile de vous dire que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Comment trouver le sommeil lorsqu'on sait un truc aussi grave? Ah il est méchant. Il est vraiment méchant ce Ibrahim. Qu'est ce que tante a bien pu faire pour mériter tout ça ? Son unique fils. Quel gâchis. Tchip tchip. Ça me donne la nausée.
Je quitte le lit, la boule au ventre. Je ne peux plus garder ça pour moi. Il faut que je trouve un moyen de le dire à tante. Elle mérite de savoir.
Une fois que j'ai fini de m'apprêter, je suis descendue dans la salle à manger où tante était entrain de mettre la table. Je lui donne un coup de mains. Je suis silencieuse. J'ai les idées ailleurs.
Tante : Hafsa!
Aucune réponse.
Tante : Hafsa!
Toujours aucune réponse.
Elle me touche et je sursaute.
Tante : Que t'arrive t-il Hafsa?
Moi : C'est bon tu as gagné tante. Je vais tout te dire.
Tante : Vas-y.
Elle était déjà toute ouïe lorsque tout à coup son fils débarque nous interrompant.
Ibrahim : Bonjour maman.
Tante : Bonjour mon chéri.
Il s'installe.
Le s****d! Il n'a même pas honte. Je sens une colère monter en moi quand je le regarde.
Tante : Hafsa tu voulais me dire quelque chose n'est-ce pas ? Je t'écoute.
Moi : Euh euh non tante. Oublie. Ce n'est rien de grave. Ne t'inquiète pas.
Tante : Tu es sûre ?
Moi : Oui tante ! Dis-je en fusillant monsieur arrogant du regard.
*****Ibrahim MOCTAR
C'est moi ou la villageoise me regarde mal depuis tout à l'heure ? Je peux savoir ce qui lui prend ? Elle me regarde comme si je la dégoûtais ou quelque chose du genre. Je n'aime vraiment pas ça. Heureusement pour elle, elle a cessé.
Nous sommes passé à table. On mange dans le silence.
Je me régalais jusqu'à ce que :
Hafsa : Ma tante tu penses quoi de l'homosexualité ?
J'ai manqué de m'étouffer avec la nourriture après sa question. Je me sers rapidement un verre d'eau. Pourquoi cette stupide fille parle d'homosexualité?
Un truc que je hais plus que tout. Et bien sûr, ce n'est qu'au moment où je prends mon petit déjeuner qu'elle pose sa stupide question.
Ma mère : Pourquoi cette question Hafsa?
Hafsa : Rien ma tante. C'est juste pour connaître ta position sur le sujet.
Ma mère : Je suis contre une telle pratique ma chérie. Et toi?
Hafsa : Je suis contre aussi ma tante. Mais on ne sait jamais, quelle serait ta réaction si jamais tu apprenais qu'un de tes proches est homosexuel ?
Ma mère : J'arrête de le considérer comme mon proche. Ça c'est clair.
Hafsa : Et si justement tu ne peux pas ? Parce que tu aimes ce proche en question plus que tout.
Ma mère : La seule personne que j'aime plus que tout c'est mon fils Hafsa et..
Moi : Assez! Fis-je agacé.
Mais c'est quoi le problème de cette fille au juste ? Elle ne peut pas la fermer pour que je puisse tranquillement manger? Elle a quoi avec ces histoires d'homosexuels?
Si elle voulait m'énerver, eh bah, c'est réussi. Je n'ai même plus d'appétit.
Je pousse ma chaise en arrière puis me lève.
Ma mère : Mon chéri, tu ne veux plus manger?
Moi : À ce soir maman.
Je suis parti tout furieux.
*****Hafsa DIAKITÉ
Je regarde ma tante après la réaction de monsieur arrogant tout à l'heure. Figurez vous qu'il a abandonné son repas et est parti. Comme ça. Tout simplement.
Sa réaction prouve une fois de plus qu'il est homosexuel. Et qu'il ne souhaite pas que sa mère le sache. Mais moi je suis là. Je sais tout. Et je dirai tout ce que je sais à tante.
Ma tante : Ne fais pas attention à lui Hafsa. Je crois connaître ce qui le met dans cet état.
Moi : Ah bon tante ? Donc vous connaissez déjà la vérité ? Moi je l'ai appris juste hier et je vous demande pardon si je ne vous en ai pas parlé....
Ma tante : Attend de quoi tu parles Hafsa ? Quelle vérité connais-tu ?
Moi : De la vérité que vous savez aussi.
Ma tante : Moi je parlais juste de l'anniversaire de Ibrahim qui est pour demain. Et à chaque fois il est de mauvaise humeur quand son anniversaire approche. Il n'aime pas trop les anniversaires tu vois ?
Moi : Oh c'est ça ? Je vois. Donc tu ne parlais pas de la vérité ?
Tante : Quelle vérité au juste Hafsa ?
Moi : Non rien tante oublie.
Tante : Hafsa tu es vraiment bizarre depuis hier. Qu'est ce qui se passe dis-moi.
Moi : Il n'y a rien tante. Ne t'en fais pas.
Je peux bien voir qu'elle ne m'a pas cru. Je veux bien lui dire tout ce que je sais mais je n'ai pas envie de lui faire de la peine car ça risque de l'anéantir.
Elle me regarde. Je fais mon possible pour paraître normal. Je lui souris nerveusement. Elle me lance un regard coriace.
Je décide de changer de sujet.
Moi : Donc comme ça c'est l'anniversaire de monsieur arrogant demain.
Tante : Il s'appelle Ibrahim Hafsa. Ibrahim. Pas monsieur arrogant. Et oui, c'est son anniversaire. Et je compte lui organiser une fête surprise.
Moi : Waouh ! Ça a l'air intéressant ma tante. Tu comptes faire une grande fête ou une petite fête ?
Tante : Une fête assez simple Hafsa. Comme je te l'ai dit, il n'aime pas trop fêter son anniversaire. Je vais juste inviter ses collègues de travail, ses employés et quelques membres de ma famille.
Moi : D'accord tante. Tu veux que je te donne un coup de mains pour tout préparer ?
Tante : Oui avec plaisir. D'ailleurs j'ai besoin de toi pour dresser la liste des courses à faire pour demain. On va acheter certains trucs aujourd'hui. Puis le reste demain.
Moi : D'accord ma tante. Je t'écoute. J'écris quoi sur la liste ?
Tante : Écris ballons..
Moi : Ballons oui et après ?
Tante : Feux d'artifices... gâteaux.. champagne...
*****Le soir
Tante et moi, on est épuisé. Ce qui est normal vu qu'on a passé toute la journée à faire les courses. Monsieur arrogant a vraiment de la chance d'avoir une mère qui l'aime comme tante. On a acheté tellement de choses que j'ai eu l'impression que c'était une fête pour toute la ville.
On a caché toutes nos courses dans la cuisine. Il ne faut surtout pas que monsieur arrogant voit tout ça. Sinon la surprise risque d'être gâchée. Tante m'a fait promettre de garder ma bouche fermée et c'est ce que je vais faire.
Je peux le voir qui vient de faire son entrée. Nos regards se croisent et il me dépasse pour monter. Je le regarde monter les escaliers jusqu'à le perdre de vue. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il soit homosexuel. Qu'est ce qui n'a pas marché oh? Seigneur pitié !
J'ai décidé de tout dire à tante mais elle ne va pas me croire sans preuves. Moi j'ai toujours du mal à croire à ça alors je n'imagine pas la réaction de tante.
Il faut donc que je trouve des preuves. Je monte à l'étage et me dirige vers sa chambre. Avec peut être un peu de chance j'arriverai à avoir une preuve.
J'ai collé mon oreille contre la porte et je pouvais entendre des bruits. Il est à l'intérieur. Et apparemment il est au téléphone.
Je parie qu'il parle avec son amant. Ce fameux Charles.
Je roule des yeux puis prend mon téléphone. Je vais enregistrer ce qu'il dit.
J'étais donc là, le téléphone en mains à enregistrer sa conversation téléphonique lorsque soudain, la porte s'est ouverte. Il m'a surprise.
Je coupe rapidement l'enregistrement.
Lui : Qu'est ce que toi tu fais là ? Je rêve ou tu m'espionnes?
J'ai commencé à bégayer. Mon Dieu qu'est ce que je vais bien pouvoir dire ?
Moi : (nerveuse) Euh euh...pas du tout. Je n'étais pas entrain de vous espionner. Pas du tout. Je..je..je faisais le ménage. Oui j'essuyais la porte et les murs.
Lui : Et où est le torchon pour essuyer ?
Moi : Le...le torchon ? Ah ouiii! Le torchon. Hihihi ! Au fait il est en bas.
Mon Dieu qu'est ce que je fais ? Calme-toi Hafsa.
Moi : Au fait je n'ai pas besoin de torchon. Je nettoie avec mes vêtements.
Lui : Tes vêtements ?
Moi : Oui oui. C'est ça. Regardez!
Je me suis collée au mur et j'ai commencé à l'essuyer avec mon dos.
Moi : Vous voyez? Hihihi. C'est comme ça je fais.
Il se tape le front et s'en va. Je soupire après qu'il soit parti. Ouf! Je l'ai échappé belle.