Les première leçons d'amour

1034 Mots
Le matin s’installa doucement dans le manoir Solis. Les premiers rayons du soleil s’infiltrèrent à travers les rideaux de velours, caressant les murs ornés de dorures et de tableaux anciens. Dans la chambre principale, l’atmosphère était paisible mais teintée d’une certaine gravité, comme si les murs eux-mêmes ressentaient le poids des récents bouleversements. Sur le lit imposant, Alexandre ouvrit lentement les yeux. Il tourna la tête et posa son regard sur Lyana, qui dormait encore, ses traits adoucis par le sommeil. Il resta ainsi, immobile, à l’observer en silence, une chaleur étrange, presque étrangère, se frayant un chemin à travers son cœur. C’était une sensation qu’il ne comprenait pas encore pleinement, mais il savait qu’elle marquait un tournant. Elle n’était pas comme les autres femmes qui avaient traversé sa vie : elle lui opposait une force qui, au lieu de l’irriter, semblait l’attirer inexorablement. Lyana bougea légèrement, et ses paupières papillotèrent. Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, elle croisa le regard d’Alexandre, déjà fixé sur elle. Elle cligna plusieurs fois des yeux, légèrement déstabilisée par sa proximité inhabituelle. "Tu me regardes dormir ?" demanda-t-elle d’un ton mi-amusé, mi-surpris. Un coin des lèvres d’Alexandre se releva dans un sourire à peine perceptible. "Je me demandais si tu avais toujours cette air farouche, même en dormant. Apparemment, oui." Elle roula des yeux, s’efforçant de ne pas sourire. "Et toi, apparemment, tu ne dors jamais. Tu es toujours sur tes gardes." Il haussa légèrement les épaules, mais il y avait une légèreté dans son expression que Lyana n’avait jamais vue auparavant. "Peut-être que, pour une fois, je n’ai pas besoin de l’être." Les gestes du matin Après s’être levée et préparée, Lyana trouva Alexandre dans la cuisine, une pièce qu’il visitait rarement. Il était debout, vêtu d’une chemise blanche légèrement déboutonnée, les manches roulées jusqu’aux coudes. Devant lui se trouvait une tasse de café et une assiette contenant des viennoiseries, visiblement préparées par quelqu’un d’autre. Pourtant, ce qui retint l’attention de Lyana, ce fut la manière dont il s’efforçait de faire quelque chose lui-même : il versait lentement du lait dans une seconde tasse, concentré comme s’il essayait d’exécuter un acte compliqué. "Je suppose que ce n’est pas toi qui as fait ces croissants," dit-elle en entrant, un sourire taquin aux lèvres. Alexandre releva les yeux vers elle, sans perdre son aplomb. "Je ne vais pas prétendre que je suis un chef. Mais je peux t’offrir un café. Avec du lait, comme tu l’aimes." Elle plissa les yeux, méfiante. "Qu’est-ce que tu mijotes, Alexandre ? Tu es beaucoup trop aimable ce matin." Il lui tendit la tasse, son sourire en coin se transformant en une expression presque sérieuse. "Peut-être que je commence à comprendre certaines choses. Peut-être que je veux… essayer de faire les choses autrement. Avec toi." Ce simple geste, accompagné de ses mots sincères, fit quelque chose dans la poitrine de Lyana. Elle prit la tasse sans un mot, se demandant si cet homme, capable de tant de contrôle et d’arrogance, pouvait vraiment changer. Une surprise inattendue : Revoir sa mère Quelques jours plus tard, alors que Lyana commençait à s’habituer à ces changements subtils dans le comportement d’Alexandre, il arriva dans sa chambre secondaire, comme il avait pris l’habitude de le faire ces derniers temps. Mais cette fois, il semblait différent, presque… nerveux. "Prépare-toi," dit-il simplement, sans donner d’explications. Lyana leva les yeux de son livre, intriguée. "Prépare-moi pour quoi ?" Il haussa légèrement les sourcils, comme s’il trouvait évident qu’elle n’ait pas encore compris. "Je pense que tu dois vraiment manquer à ta mère." Ses mots la frappèrent comme un coup de tonnerre. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas vu sa mère. Même si elle savait qu’Alexandre s’était assuré que sa mère reçoive les meilleurs soins possibles, l’interdiction de lui rendre visite avait été l’une des choses les plus difficiles à supporter. Et maintenant, sans prévenir, il abattait cette barrière. "Tu es sérieux ?" murmura-t-elle, sa voix teintée d’un mélange d’incrédulité et d’émotion. "Bien sûr que je le suis," répondit-il, sa voix plus douce qu’à l’accoutumée. "Mais ne traîne pas. Nous partons dans une heure." À l’hôpital : Une réunion pleine d’émotions Le trajet jusqu’à l’hôpital se déroula dans un silence inhabituel. Lyana, assise à côté d’Alexandre dans la voiture, jouait nerveusement avec ses mains. Alexandre, lui, jetait de temps à autre des regards furtifs dans sa direction, mais il n’avait pas l’habitude de la réconforter avec des mots. Il se contenta de poser une main légère sur la sienne, un geste simple mais qui eut le mérite de calmer un peu ses nerfs. Lorsqu’ils arrivèrent, Alexandre guida Lyana à travers les couloirs impeccables de l’hôpital. Le personnel semblait habitué à sa présence imposante, mais aujourd’hui, il y avait quelque chose de différent dans sa démarche. Il semblait moins rigide, plus humain. Quand ils atteignirent la porte de la chambre de sa mère, Lyana hésita. Elle posa une main sur la poignée, son cœur battant à tout rompre. Alexandre resta derrière elle, silencieux mais attentif. Finalement, elle entra. "Maman…" souffla-t-elle, la voix tremblante. Sa mère, allongée dans son lit, leva les yeux vers elle. Un sourire lumineux éclaira son visage, effaçant pour un instant les traces de fatigue. "Lyana, ma chérie." Les larmes montèrent aux yeux de Lyana alors qu’elle se précipitait vers le lit, prenant la main de sa mère dans les siennes. Pendant quelques instants, le monde sembla s’arrêter. Alexandre, debout près de la porte, observait la scène en silence. Ce moment, si simple et pourtant si chargé d’émotion, lui fit quelque chose qu’il ne pouvait expliquer. Il comprit, en voyant l’amour entre Lyana et sa mère, qu’il y avait des choses qu’il ne pourrait jamais contrôler, mais qu’il pouvait apprendre à respecter. Un pas vers l’avenir Alors qu’ils quittaient l’hôpital plus tard dans la journée, Lyana se tourna vers Alexandre. "Merci," dit-elle simplement, mais ses mots étaient lourds de signification. Il hocha la tête, un sourire discret aux lèvres. "Tu mérites de l’avoir dans ta vie. Je ne voulais pas être celui qui t’en prive." Pour la première fois depuis longtemps, Lyana sentit que peut-être, juste peut-être, Alexandre pouvait changer. Et dans cet espoir fragile, un avenir différent semblait possible.
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