Après les événements marquants de ces derniers jours, la tension entre Alexandre et Lyana semblait s’être subtilement déplacée. Leur relation dans l’entreprise Solis, bien qu’à ses débuts, avait déjà attiré l’attention des partenaires. Lyana, par son intelligence et son calme, avait su se distinguer, et cela n’avait pas échappé à Alexandre.
C’est pourquoi, lorsqu’il planifia ce voyage d’affaires stratégique, il insista pour qu’elle l’accompagne. Ce déplacement serait une opportunité pour elle de continuer à prouver sa valeur — et, pour Alexandre, un moyen de garder un œil sur cette alliée inattendue.
Mais une ombre restait présente. Clara n’avait pas caché son irritation face à l’implication grandissante de Lyana dans le cercle professionnel d’Alexandre. Et si ses reproches avaient été ignorés jusque-là, ils résonnaient encore dans l’esprit de ce dernier alors qu’il montait à bord du jet privé avec Lyana.
Le jet privé d’Alexandre Solis atterrit en douceur sur une piste éclairée par un soleil éclatant. Lyana, vêtue d’une robe élégante qui alliait classe et sobriété, descendit aux côtés d’Alexandre, attirant immédiatement l’attention des employés d’aéroport et des partenaires venus les accueillir. Elle était la vision parfaite de la sophistication, et son calme naturel faisait contraste avec la prestance intimidante d’Alexandre.
Alors qu’ils montaient dans une limousine prête à les conduire à leur hôtel, Lyana jeta un coup d'œil à Alexandre. "Alors, qui sont ces partenaires ? Tu ne m’as pas dit grand-chose à leur sujet."
Il croisa les jambes, son regard fixant l’horizon. "Ce sont des investisseurs potentiels. Puissants, mais avides. Ils respectent la force. Pas de place pour la faiblesse dans ce genre de négociations."
Lyana haussa un sourcil. "Et tu comptes leur faire savoir que tu es plus fort qu’eux à coups d’arrogance, je suppose ?"
Un sourire en coin étira ses lèvres. "C’est comme ça que le monde fonctionne."
Elle soupira légèrement. "Peut-être que ce monde a besoin d’une touche plus humaine. Tu devrais essayer, juste pour voir."
Une entrée remarquée
Lorsqu’ils entrèrent dans la salle de réunion de l’hôtel, tous les regards se posèrent immédiatement sur eux. Les partenaires, un mélange d’hommes et de femmes influents, saluèrent Alexandre d’un ton respectueux, mais il était évident que l’attention était rapidement captée par Lyana. Sa beauté naturelle et son aisance à marcher dans un monde qui n’était pas encore tout à fait le sien créaient une atmosphère presque électrique.
"Alexandre," lança l’un des partenaires, un homme d’une cinquantaine d’années avec un large sourire. "Vous nous aviez caché cette charmante assistante. Elle illumine la pièce autant que votre réputation l’intimide."
Alexandre échangea un regard rapide avec Lyana avant de répondre, sa voix teintée de son arrogance habituelle. "Elle n’a pas besoin d’être cachée. Elle sait se défendre toute seule."
Lyana esquissa un sourire poli avant de s’asseoir à côté de lui. Au fil des discussions, elle joua un rôle crucial, intervenant avec tact lorsque les conversations devenaient trop rigides sous le ton dominateur d’Alexandre. Son talent pour apaiser les tensions devint rapidement apparent, et certains partenaires, impressionnés par ses interventions, glissèrent des compliments à son égard.
Cependant, à chaque compliment ou regard prolongé, Alexandre sentit une colère sourde monter en lui. Il garda son calme, masquant son irritation par son aplomb naturel, mais à l’intérieur, la jalousie bouillonnait. Ses mâchoires se serraient chaque fois qu’un homme riait un peu trop fort aux remarques subtiles de Lyana.
La jalousie éclate
Le dîner qui suivit la réunion ne fit qu’attiser les tensions. Alors qu’ils prenaient place dans une salle privée du restaurant de l’hôtel, l’un des partenaires se pencha légèrement vers Lyana, engageant une discussion informelle. Alexandre, assis à côté, observait chaque geste, chaque sourire échangé, une tempête silencieuse gronda dans son esprit.
"Vous avez un œil impressionnant pour les affaires," déclara l’homme avec une admiration à peine voilée. "Si jamais vous cherchez à… élargir vos horizons, je connais une entreprise qui vous accueillerait à bras ouverts."
Lyana, mal à l’aise mais toujours diplomate, répondit avec un sourire poli. "Merci, mais je suis très bien là où je suis."
Avant que la conversation ne puisse aller plus loin, Alexandre intervint. "Elle est là où elle doit être." Sa voix, bien qu’inhabituellement calme, portait une autorité tranchante.
Un silence gênant s’abattit sur la table, les partenaires baissant les yeux pour éviter de croiser le regard perçant d’Alexandre. Lyana, quant à elle, sentit son cœur s’alourdir, reconnaissant dans ce ton une possessivité qu’il peinait à cacher.
Une discussion brûlante
Plus tard dans la soirée, dans leur chambre d’hôtel, l’atmosphère était tendue. Alexandre, les bras croisés, faisait les cent pas près de la fenêtre, tandis que Lyana, assise sur le bord du lit, observait son comportement avec une patience limitée.
"Qu’est-ce qui ne va pas avec toi, Alexandre ?" demanda-t-elle finalement, rompant le silence.
Il se tourna vers elle, son regard incandescent. "Ce qui ne va pas, c’est que je te vois te rapprocher de ces hommes comme si de rien n’était. Tu es ma femme, Lyana. Tu n’as pas à leur parler autrement que dans un cadre strictement professionnel."
Elle se leva, les bras croisés. "Je n’ai rien fait de mal ! Je suis là pour travailler, tout comme toi. Tu m’as laissé une semi-liberté, et je compte bien l’exercer."
Sa voix monta d’un cran. "Liberté ? Tu es ma femme, Lyana, et le contrat tient toujours. Tu es là pour moi, pas pour flirter avec d’autres."
Ses mots tombèrent comme une lame, et pour la première fois, Lyana sentit une colère qu’elle ne pouvait contenir. "Flirter ? C’est vraiment ce que tu penses ? Alexandre, tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas le cas. Mais tu es tellement habitué à tout contrôler que tu vois le moindre échange comme une menace. Tu ne peux pas continuer comme ça. Je ne suis pas ta prisonnière."
Son regard vacilla une fraction de seconde, trahissant une lutte intérieure qu’il ne voulait pas admettre. Mais il se ressaisit rapidement, arborant de nouveau son masque d’autorité. "Quoi que tu en dises, Lyana, tu es ma femme. Et je ne laisserai personne empiéter sur ce qui m’appartient."
Ces mots eurent l’effet d’une gifle. Lyana recula légèrement, son visage affichant un mélange de colère et de déception. "Tu ne peux pas posséder quelqu’un, Alexandre. Et si tu continues à penser comme ça, tu finiras par tout perdre. Pas seulement les autres, mais moi aussi."
Elle tourna les talons et se dirigea vers la porte de la chambre. "Je vais dormir ailleurs ce soir. Réfléchis à ce que tu viens de dire."
Alexandre resta seul, debout dans la pénombre. Ses poings serrés témoignaient de la frustration qu’il ressentait, non seulement envers elle, mais envers lui-même. Pour la première fois depuis longtemps, il se demanda s’il était vraiment capable de changer.