Le vent sifflait doucement à travers les grands rideaux de la chambre d’Alexandre, emportant avec lui une tension qui semblait omniprésente. Ce matin-là, Alexandre se préparait pour un voyage d’affaires crucial à Paris. Sa valise était déjà soigneusement bouclée, et son emploi du temps, réglé à la minute près. Mais ce qui rendait ce voyage différent des autres, c’était Lyana. Elle devait l’accompagner, comme stipulé dans leur contrat. Une condition qu’elle avait acceptée à contrecœur, bien que son agacement soit palpable à chaque regard qu’elle lui lançait.
La confrontation du départ
Dans le hall somptueux du manoir, Alexandre attendait. Vêtu d’un costume impeccablement taillé, il faisait les cent pas, jetant de temps en temps un coup d’œil à sa montre. Lyana descendit enfin les escaliers, ses talons résonnant sur le marbre. Elle portait une robe sobre mais élégante, le genre de tenue qu’elle aurait choisi pour maintenir son indépendance face au faste d’Alexandre. Son regard était clair et défiant.
"Tu es en retard," dit-il, un brin d’agacement dans la voix.
"Et toi, tu es toujours aussi insupportablement ponctuel," répliqua-t-elle avec un sourire en coin, attrapant sa sacoche sans même lui adresser un autre regard.
Alexandre serra les mâchoires. Il n’était pas habitué à ce qu’on lui parle sur ce ton, et encore moins à ce qu’on lui résiste ouvertement. Lyana avait un don pour réveiller en lui des émotions contradictoires : une irritation profonde mêlée à une fascination qu’il n’arrivait pas à chasser.
"Tu pourrais au moins faire semblant d’apprécier le fait que je te fais voyager en jet privé," grogna-t-il en avançant vers la voiture qui les attendait.
Elle haussa les épaules. "Oh, crois-moi, je savoure chaque instant de ce privilège forcé."
Dans les airs
À bord du jet privé, l’ambiance était tendue. Alexandre, plongé dans son ordinateur portable, passait en revue des documents tout en jetant des coups d’œil furtifs à Lyana. Assise près du hublot, elle feuilletait un livre, l’air complètement absorbé – ou peut-être faisait-elle simplement semblant pour l’ignorer.
"Tu pourrais au moins te renseigner sur les projets que je vais présenter," lança-t-il, sa voix trahissant une pointe d’impatience.
"Pourquoi ? Ce n’est pas comme si tu avais besoin de mon opinion. Tu sembles parfaitement capable de tout gérer seul," répondit-elle sans lever les yeux de son livre.
Il referma brusquement son ordinateur, faisant sursauter légèrement Lyana. "Ce n’est pas une question d’avoir besoin de toi, Lyana. C’est une question de présence. Ce mariage, ce contrat, tout cela implique que tu sois à mes côtés."
Elle posa son livre, croisant les bras et le regardant droit dans les yeux. "Ta présence domine tellement tout, Alexandre, que la mienne est à peine nécessaire. Alors, explique-moi pourquoi tu tiens tant à ce que je sois là."
Pour la première fois, Alexandre fut à court de mots. Comment pouvait-il lui avouer qu’il avait insisté pour qu’elle l’accompagne simplement parce qu’il ne supportait pas l’idée d’être loin d’elle ? Même lui n’était pas encore prêt à admettre à quel point elle avait pris une place importante dans ses pensées.
Les tensions à Paris
Lors de leur arrivée à l’hôtel, un palace au cœur de Paris, Alexandre et Lyana furent accueillis par un comité impressionnant. Mais malgré les sourires chaleureux de l’équipe d’accueil, Lyana sentit les regards curieux qui se posaient sur elle. Elle n’était pas habituée à ce genre de réception, et elle détestait cette sensation d’être scrutée.
Dans la suite royale, la tension monta encore d’un cran lorsqu’Alexandre annonça qu’ils partageraient la même suite. "Tu plaisantes ?" lâcha-t-elle, les bras croisés.
"Non," répondit-il avec une assurance désarmante. "C’est ce que font les couples mariés, non ?"
"Un couple marié pour de faux, Alexandre. N’oublie pas cette partie du contrat."
"Pourtant, c’est bien toi qui as signé ce contrat," dit-il avec un sourire narquois, savourant brièvement son avantage.
Mais Lyana n’était pas du genre à se laisser faire. Elle s’approcha de lui, son regard transperçant. "Si tu crois que je vais te laisser dicter chaque seconde de ma vie, alors tu me connais mal. Garde ta chambre. J’utiliserai le canapé si je dois, mais tu ne contrôleras jamais tout, pas avec moi."
Alexandre, bien qu’énervé par son insubordination, sentit une pointe de respect – et même d’admiration – percer sa colère. Elle était réellement différente. Elle lui tenait tête avec une force que personne d’autre n’avait jamais eue.
La confrontation du canapé
La nuit avançait, et le silence dans la suite royale devenait presque oppressant. Lyana s’était allongée sur le canapé, recouverte d’une fine couverture qu’elle avait trouvée dans un placard. Malgré l’inconfort manifeste, elle avait choisi cet espace pour mettre une distance entre elle et Alexandre, qui, lui, était allongé sur le lit massif.
Alexandre fixait le plafond, incapable de trouver le sommeil. Le fait de savoir que Lyana était là, à quelques mètres de lui, mais refusait de partager le lit, l’agaçait plus qu’il n’aurait voulu l’admettre. Il se redressa brusquement.
"Lyana," appela-t-il, sa voix résonnant dans la pénombre.
"Quoi, Alexandre ?" répondit-elle, visiblement agacée mais sans même se retourner.
"Viens sur le lit. C’est ridicule que tu dormes là."
Elle tourna légèrement la tête, un sourire moqueur se dessinant sur ses lèvres. "C’est ridicule que tu penses pouvoir me donner des ordres sur où je dors."
Alexandre grogna, irrité. Il se leva et s’approcha du canapé, se tenant droit au-dessus d’elle. "Ce n’est pas une demande. C’est un lit immense. Il y a largement assez de place pour nous deux. Arrête de te comporter comme une enfant."
Lyana se redressa lentement, le défi brillant dans ses yeux. "Et toi, arrête de te comporter comme si tout le monde devait te plier à ta volonté. Je suis très bien ici."
Il serra les poings, luttant contre l’envie de répliquer sèchement, mais à la place, il fit ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Il s’assit sur le rebord du canapé et parla, sa voix légèrement plus douce mais toujours imprégnée de sa fierté. "Écoute… Je ne dors pas. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas te voir là, sur ce canapé. Alors, s’il te plaît, viens sur le lit."
Lyana le regarda, surprise. Il avait dit "s’il te plaît". Certes, avec toute l’arrogance qu’il portait comme un manteau, mais c’était quand même une supplication. Elle hésita, puis finit par céder, se levant avec lenteur.
"Très bien," dit-elle, "mais si tu essaies quoi que ce soit, je te jure que tu le regretteras."
Alexandre esquissa un sourire furtif. "Tu as ma parole."
Alors qu’elle s’installait prudemment sur le lit, lui gardant une distance respectable, une étrange paix s’installa. Alexandre s’allongea à son tour, dos tourné à elle. Et cette nuit-là, pour la première fois depuis longtemps, il trouva enfin le sommeil.
Les dynamiques familiales
Pendant ce temps, Clara, la tante perfide d’Alexandre, intriguait toujours dans l’ombre. Bien qu’elle gardât une façade de bienveillance, ses ambitions secrètes restaient intactes. L’idée qu’Alexandre ait épousé une femme comme Lyana la préoccupait : une femme qu’elle ne pouvait pas facilement contrôler. Clara savait qu’elle devait agir vite pour préserver sa position.
De son côté, Nathan, le frère de Lyana, vivait une toute nouvelle vie grâce au soutien financier d’Alexandre. Mais malgré cette opportunité, il se demandait pourquoi sa sœur, si farouchement indépendante, avait accepté un arrangement qu’elle semblait ne pas apprécier. Il voulait des réponses, mais pour l’instant, il respectait le silence de Lyana.
Le dîner d’affaires
Lors d’un dîner avec des partenaires à Paris, Alexandre et Lyana jouèrent leur rôle à la perfection. Ils incarnaient l’image du couple idéal, unis et élégants. Pourtant, sous cette façade, les tensions restaient vives. À chaque mot échangé, à chaque regard croisé, leur guerre silencieuse continuait.
"Tu as joué ton rôle à merveille," dit Alexandre après le dîner, son ton moqueur.
Lyana le fixa, son regard glacial. "Et toi, tu manipules tout le monde à la perfection. Une vraie pièce de théâtre."