Chapitre premierLa Bellone se faisait vieille. Philomen, un jour, hochant la tête avec regret, le fit constater à Lisée : c’est qu’elle atteignait ses dix ans. Sans doute ce n’était point encore l’extrême vieillesse et décrépitude, car elle avait toujours été bien soignée, bien nourrie, bien traitée. Elle ferait encore au moins deux saisons de chasse, mais il était temps, tout de même, de songer à sa succession. Évidemment, elle mourrait à la maison, de sa belle mort ; Philomen, à l’encontre de beaucoup de brutes qui prétendent au titre de chasseurs et tuent leurs chiens en guise de remerciement lorsque ceux-ci deviennent vieux et infirmes, gardait toujours les siens jusqu’à leur dernière heure. Oh ! ce n’était souvent pas réjouissant ; la vieillesse les rendait claudicants et baveux, quel


