XXIV Le sphinxDans la situation presque surnaturelle où je me trouvais, l’allégorie ne pouvait manquer de m’attirer. Tout délaissé qu’il paraisse par la mode, ce genre n’en est pas moins resté la gloire de toutes les grandes écoles du passé, et nos maîtres actuels y trouvent encore leurs plus belles inspirations. Je m’imaginai avoir pris beaucoup de peine pour trouver le sujet où je me fixai : il faut croire plutôt que j’y fus porté par une impulsion irrésistible, venue du trouble où se débattait ma conscience. En effet mon entreprise n’allait à rien moins qu’à traduire presque littéralement sur la toile ce qui se passait dans mon cœur : l’angoisse de l’âme partagée entre le bien et le mal. Je peindrais le Sphinx, dressé sur ses pieds de derrière, tenant d’une de ses griffes un serpent,


