- 15 -Cher Mani, Aujourd’hui, 20 avril 1940, le printemps a commencé à poindre son nez. Aujourd’hui, c’était aussi l’anniversaire de Gaël. Je suis allée avec Anaïk le lui souhaiter. Les arbres étaient en bourgeons et les oiseaux chantaient. J’avais au cœur un sentiment de joie que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Quand le temps est si paisible et si resplendissant, comment croire que nous sommes en guerre ? Comment croire que des menaces sombres et mystérieuses planent sur notre île ? Être avec Anaïk a le même effet qu’un jour de printemps. Elle est si joyeuse et naïve, si petite et ignorante, que l’on ne peut que se sentir heureux à son contact. Je comprends pourquoi tant de gens l’aiment et pourquoi Gaël recherche sa compagnie. Il ne s’illumine qu’en jouant avec elle. Elle l’


