- II -L’occasion tant attendue se présenta le 17 juin, un après-midi ensoleillé où le printemps avait décidé de se transformer en été. Le matin, vers dix heures, des grondements dans le lointain avaient semblé annoncer un orage, mais la menace s’était vite dissipée. Mme Goulaouenn était rentrée à midi et demie, l’air très préoccupé. – Ça ne va pas ? demanda Marwen. Mme Goulaouenn haussa les épaules. – Tu l’apprendras de toute façon, dit-elle, Rennes a été pilonnée par les Allemands ce matin, et on parle d’un armistice. Au lieu de s’occuper du déjeuner comme à l’habitude, Mme Goulaouenn marcha tout droit vers le poste de TSF. Elle l’alluma et le son plein de parasites envahit le salon. Marwen la suivit en traînant Anaïk par la main. – Z’ai faim, protestait la petite. Z’ai faim, Mawen


