12. Fabien

430 Mots
12. Fabien Charlotte-Audrey, n’a pas fini de dévaliser les boutiques de la Rue du Rhône, il est midi. Elle n’a pas l’intention de laisser refroidir sa carte de crédit et perdre quelques précieuses minutes à rentrer déjeuner. Elle est inexorablement attirée par le luxe : parfums, bijoux et la mode aussi. Elle avise un petit restaurant dans une rue adjacente et s’y engouffre. Un plat du jour vite fait lui ira très bien. Elle est seule. À midi, en plein centre, elle se dit que ce n’est pas bon signe. Peut-être est-ce encore trop tôt… Le serveur s’approche afin de prendre la commande. Il est beau comme un dieu. Grand, musclé, du genre à faire des ravages dans les bals du samedi soir. Elle choisit le menu et le regarde retourner à la cuisine, les yeux juste au-dessous de la ceinture, là où ça tangue. – Joli p’tit cul, pense-t-elle. Il lui apporte sa bière avec un sourire aussi commercial que désarçonnant. Fabien sait l’effet qu’il fait aux femmes, elle sait quel effet elle fait aux hommes. Elle lui renvoie son sourire, limite provoc. Avant qu’il ne revienne avec son plat, elle déboutonne subrepticement un bouton de sa blouse laissant entrevoir un peu plus du magnifique galbe siliconé à grands coups de dollars. Il dépose délicatement l’assiette devant elle. Le léger penché en avant n’échappe pas au garçon qui profite en souriant du cadeau. Il retourne derrière le bar et fait semblant de sécher quelques verres afin de pouvoir observer cette plantureuse M.I.L.F6 bien appétissante. Son repas à peine terminé, elle demande où sont les lavabos, l’air gourmand. Il lui indique de toutes ses dents l’énorme écriteau « WC » au-dessus de la porte. L’eau commence à peine à couler sur les longues mains consciencieusement manucurées que Fabien est déjà dans les toilettes. Il l’entraine dans la cabine mais c’est elle qui se jette sur lui. Il la prend sauvagement sans préliminaires, jupe à peine relevée, string arraché. Agrippée au garçon, elle se dandine comme une poule au pas de course alors qu’il lui pétrit les seins en se demandant s’ils ne sont pas trop beaux pour être vrais. Le tout ne dure que trois minutes. Ils se rajustent en silence, s’octroient un dernier fougueux b****r et sortent comme si rien ne s’était passé. Une personne avertie aurait tout de même remarqué l’air quelque peu défait du barman et de la cliente seule à sa table. Au moment de payer, le jeune homme lui murmure : – Laissez, c’est pour moi… – Il n’en est pas question… euhh… – Fabien, Fabien, Madame. – Il n’en est pas question, Fabien, j’ai besoin du ticket. Un peu déstabilisé, le garçon lui apporte l’addition. Elle ne la regarde même pas, griffonne son numéro de téléphone dessus et pose un billet de cent francs en disant : – C’est juste ! C’était très bien. Dites-moi, Fabien, aimez-vous cuisiner ?
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