CHAPITRE IV La dévote et Juliette La disparition de ma sœur, les absences continuelles de ma mère, le silence absolu de Senneval, dont j’ignorais même le sort depuis la fatale catastrophe qui coupa si brusquement le fil de ses naissantes amours ; la privation des visites de Manon, qui n’était point entrée chez ma tante ; tout cela réuni me rendait bien ennuyeux le séjour de la campagne. Il est vrai que, quand elle était à la maison, ma mère était d’une joie qui ne se démentait point ; mais la cause même de cette joie, cause que je ne devinais que trop, me forçait à des réflexions tristes et chagrinantes. Il n’y avait donc guère que les dimanches, où l’affluence de la société, la gaieté des bons amis, la bonne chère, la belle humeur de mon père, venaient un peu faire trêve à ma mélancoli


