Chapitre 25 Je débarquai à Pont-Croix à la nuit tombante. La vitrine de l’Atelier du Bout du Monde - ainsi se nommait le magasin d’exposition d’Ernesto Diaz - éclairait un coin de rue sombre pavée de cubes de grès arrondis par le temps. Derrière la vitre épaisse, brillamment éclairées par des spots lumineux, quelques œuvres du maître des lieux: le port d’Audierne, la Pointe du Raz un jour de tempête, des chapelles paisibles dormant sous l’ombre de grands arbres, une noce dans une cour de ferme du début du siècle, avec des femmes en coiffe et des paysans en habits de cérémonie. C’était un travail honnête, mais sans génie, ni même sans grand style derrière laquelle on sentait le métier du peintre. Une peinture pour salle à manger bourgeoise, avait dit Alain Glazard, l’énigmatique propriét


