Chapitre 8 Une subite impulsion me poussa à prendre la route d’Audierne. Ne me demandez pas pourquoi j’eus soudain envie de cuisiner encore un peu madame Tristani. J’avais l’impression que la grande me cachait quelque chose. Maintenant qu’elle avait franchi le pas et déposé une requête officielle peut-être serait-elle plus loquace. J’arrivai en fin d’après-midi au manoir alors qu’un soleil couchant éclaboussait d’or et de sang les vieilles murailles. Les chiens étaient là où je les avais vus la dernière fois, à croire qu’ils n’avaient pas bougé. L’un d’eux fit mine de lever la tête avant de la laisser retomber, accablé; l’autre se contenta d’ouvrir un œil. Comme gardiens ils se posaient un peu là, c’était vraiment le service minimum. Cette fois je sortis de la voiture sans appréhensio


