L’atelier Emmanuèle Sandron D’habitude je n’écris pas. D’habitude je suis là, toute à eux. Je passe entre les bancs. Mon sourire fait rebondir les questions : c’est un sourire à réponses, un sourire à confiance. Large comme ça. Mais aujourd’hui je n’ai pas le cœur à être là. Ma proposition d’écriture, je l’ai calligraphiée en grandes lettres au tableau. Elle me nargue. Dressez l’inventaire des lieux où vous avez ressenti de l’amour pour quelqu’un. Les personnes ne sont pas importantes, je leur ai dit. Je veux que vous me parliez de ces lieux, du souvenir que vous en avez gardé, ou que vous n’en avez pas gardé. N’écrivez rien d’intime, de secret. Les êtres aimés, je vous propose d’en faire des fantômes immobiles, comme sur les toiles de Delvaux. C’est l’inventaire des lieux qui nous in


