IX Notre maison de Nikolski, si longtemps froide et déserte, revécut de nouveau, mais ce qui ne revécut point, ce fut ce qui y avait existé ; maman n’y était plus, et nous étions désormais seuls, l’un vis-à-vis de l’autre. Or, maintenant, non seulement la solitude n’était plus ce qu’il nous eût fallu, elle était une gêne pour nous. L’hiver s’y écoula d’autant plus mal pour moi que je fus souffrante, et que je ne me rétablis qu’après la naissance de mon second fils. Mes rapports avec mon mari continuèrent d’être ceux d’une froide amitié, comme dès le temps de notre vie à Pétersbourg ; mais à la campagne, il n’était pas jusqu’au plancher, aux murailles, aux meubles, qui ne me rappelassent ce qu’il avait été pour moi et ce que j’avais perdu. Il y avait entre nous comme une offense non pardo


