15.

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15.J’avais hâte de partir pour Rouen ; mais dans le désordre où l’invasion de la veille et la bataille de la nuit avaient mis le pays, on ne pouvait me donner tout de suite une voiture : il fallait aller chercher un cheval dans une ferme éloignée où il avait été conduit de peur des réquisitions saxonnes, et bon gré mal gré je devais attendre. Pour passer le temps je demandai à dormir, car j’étais brisé de fatigue ; ce combat dans la nuit, au milieu des maisons, sur un espace resserré et au hasard, ces cadavres que les habitants descendaient dans la rue, tout cela m’avait ému et troublé autant qu’une grande bataille. Les braves gens qui me logeaient, me voyant dormir à poings fermés, n’avaient point voulu m’éveiller, et quand j’ouvris les yeux, je vis qu’il était tard. — Vous dormiez si

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