9.Chaque jour nous faisons un pas en arrière du côté de Metz ; tous les matins on dit que nous allons prendre position pour livrer bataille ; mais, la position prise, nous l’abandonnons. Nous allons en avant, nous revenons en arrière, nous retournons en avant, sans qu’il soit possible de soupçonner les profondes raisons qui déterminent ces ordres et ces contre-ordres. Avec cela un temps abominable ; de la pluie sur le dos, de la boue aux jambes, mais souvent rien à se mettre dans l’estomac ; en pleine France, à quelques lieues d’un centre comme Metz, on nous laisse souffrir de la faim ; nos chevaux trouvent à manger, parce que nous sommes dans un pays fertile et qu’il y a de l’herbe dans les prairies et des moissons sur la terre, mais les hommes manquent de pain ; nous recevons nos approvi


