11.L’histoire raconte que des guerriers fameux ont dormi dans une parfaite tranquillité, la veille des grandes batailles. N’étant ni guerrier, ni fameux, j’avoue que je n’ai pas eu cette bonne fortune, pendant la nuit qui précéda la bataille de Sedan. J’étais profondément troublé par les paroles de M. de Saint-Nérée, et, faut-il le dire, j’étais en même temps ému d’une crainte assez vive. On allait se battre. Quelle serait ma conduite dans la bataille ? Quel serait mon courage ? Je m’étais battu une fois en duel, et je ne m’en étais pas mal tiré. Mais l’épée d’un adversaire ne ressemble en rien à une pluie d’obus ou à la charge d’un régiment de cuirassiers blancs. Il me semblait que je ferais mon devoir. Mais enfin je n’étais sûr de rien ; c’était une expérience à risquer ; et en face d’u


