21 août Saint-CristobalJe l’appelle tonton Édouard en public parce que je sais que ça l’agace. Comme je n’ai plus l’air d’une enfant depuis longtemps, ça lui flanque un coup de vieux et il déteste l’idée qu’on puisse le trouver vieux. Il n’aime pas non plus qu’on fasse allusion à sa calvitie ni à son embonpoint mais c’est une autre histoire, et de toute façon, je ne m’y risque pas. On ne doit jamais se moquer ni du physique, ni des mamans, c’est ce que la mienne m’a enseigné. Mon tonton Édouard est le plus jeune de mes oncles, le petit frère de mon père, né dix-sept ans après lui au retour de captivité de mon grand-père dans les camps de prisonniers de l’Allemagne nazie. Et donc l’enfant chéri de ma grand-mère, qui n’était guère de nature affectueuse sauf à son égard. Lui, elle l’appelait


