10 Un peu en retrait derrière une des grandes baies vitrées de la gare, Nadejda regardait le train qui emportait Philippe, s'éloigner. Elle se rendait compte qu'elle laissait partir un homme encore plus amoureux d’elle qu’à son arrivée à Figueras. « Mais je ne peux faire autrement…. Je n’aurais pas imaginé, il y a une semaine, vivre ces journées, susciter et recevoir tant d’émotions. Des images de ces vacances inespérées et imprévues lui venaient à l’esprit. Elle en gardait encore une sorte de plaisir, fugitif, fragile, comme celui que l’on éprouve à la dernière gorgée d’un bon vin, ….présent et déjà absent. Une certaine nostalgie s’y mêlait. Pas de la tristesse. Elle savait qu’elle allait retrouver Youri et cette perspective lui ouvrait d’autres pensées agréables. Mais là, en ce momen


