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1257 Mots
Amberly Je sens d’abord la chaleur d’une paume chaude sur ma hanche, puis le glissement de doigts au creux de ma taille. Mes paupières se soulèvent encore lourdes de sommeil. L’obscurité filtre à travers d’épais rideaux de brocart pourpre, tamisée par la lumière de quatre lanternes murales. Le plafond, lambrissé de bois sombre et orné d’arabesque de cuivre, m’est étranger. Un roulis régulier fait trembler le sol sous le lit. Je fronce les sourcils, confuse. Mes yeux se posent sur Aydan, assis à mes côtés, un bras autour de mon corps. Les plis de sa chemise entrouverte laissent deviner les courbes de son torse. — Où sommes-nous ? je lui demande d’une voix pâteuse. — Dans le train, répond-il avec douceur. Cela fait plusieurs heures que nous roulons. Tu avais besoin de repos alors je t’ai laissée dormir. — C’est toi qui m’as transportée ici ? Il acquiesce, glisse une mèche de cheveux derrière mon oreille. — Après t’avoir passé une chemise de nuit, ajoute-t-il joueur. Les événements de la journée me reviennent en mémoire : sa voix, ses mains, sa bouche, la mienne…Mon corps se cabre. Un couinement m’échappe, mes joues virent au cramoisi. J’enfouis mon visage sous les draps, telle une enfant prise en faute. Il rit doucement, d’un rire grave et chaud qui m’ébranle plus que je ne l’admets. Il se penche vers moi. Ses doigts glissent sur mes côtes, effleurant ma peau avec une espièglerie tendre. Je me tortille, à la fois chatouillée et troublée. — Aydan…arrête ! je m’esclaffe, la voix étranglée par le rire. Il s’immobilise au-dessus de moi, son regard ancré au mien. Sa main effleure ma joue dans une caresse, avant de s’arrêter sous mon menton. Sa bouche se rapproche de la mienne. — Peu importe que ce soit dans mes moments de lucidités ou dans mes moments de ténèbres…Je t’aime, souffle-t-il contre mes lèvres. Il m’embrasse. Je fonds contre lui. Lorsqu’il m’aide à me relever, je me laisse faire, le cœur léger. Il me passe un peignoir doux autour des épaules, me chausse avec soin, puis glisse sa main large et chaude dans la mienne. Sa poigne me rassure. Ensemble, nous passons dans le wagon adjacent, guidés par le roulis du train. La seconde cabine est aussi somptueuse que la première : murs en acajou verni et lanternes suspendues qui diffusent une lumière ambrée. Une table soigneusement dressée nous attend : deux assiettes de pâtes bolognaises fumantes, un tiramisu généreux au centre, et deux coupes de champagne sans alcool. Aydan m’aide à m’asseoir confortablement puis prend place face à moi. Nous mangeons lentement. Entre deux bouchées, il glisse une taquinerie sur ma manière de piquer les champignons dans son assiette. Je lui réponds du tac au tac, faussement indignée. Il rit. Moi aussi. Peu à peu, les tensions de la journée s’éloignent, balayées par la légèreté retrouvée. Après le repas, il me propose un jeu de cartes. Il triche. Très mal. Il prétend que je gagne par chance, qu’il est simplement distrait par ma présence, mais ses sourires en coin le trahissent. Je lève les yeux au ciel, feins de protester, mais finis par éclater d’un vrai rire, un peu rauque. Mon cœur s’apaise. Mon esprit aussi. Puis vient le moment de retourner dans notre cabine. Il se lève, m’ouvre la porte sans un mot, et m’invite à le précéder. Je sens son regard attentif rivé sur moi tandis que je franchis le seuil. Une fois à l’intérieur, il referme derrière nous. Le lit nous attend, accueillant. Il s’approche lentement, détache la ceinture de mon peignoir. Ses doigts se referment sur le tissu de ma chemise de nuit qu’il me retire avec douceur. Je me retourne, nue devant lui. Il se déshabille à son tour en silence. Ses gestes sont lents, mesurés. Il s’avance vers moi, prend ma main. Une onde de plaisir me parcourt l’échine. Il me repousse jusqu’aux draps frais et m’y allonge sur le ventre, sans me quitter des yeux. Je retiens mon souffle. Et tout bascule à nouveau. Ses mains s’égarent dans les moindres replis de mon être, me faisant perdre tout repère. Chaque frôlement attise la tension qui crépite entre nos peaux. Chaque soupir, plus profond, nous emporte plus loin. Il joue avec nos limites dans une lente agonie délicieuse. Je m’ouvre à lui entièrement. Sa verge, dure et affamée, glisse obscènement entre mes plis et mon orifice arrière, tandis que ses doigts taquinent ma chair sensible. Un frisson v*****t me traverse lorsque son bout s’y enfonce à peine, menace douce et cruelle. Je gémis, mon bassin répondant à son audace, se balançant avec envie et défi. Sa voix rauque, chargée de promesses, me brûle la peau : — Je me disais bien que sous tes airs d’ange se cache une vilaine fille, souffle-t-il contre mon oreille, son membre m’étirant un peu plus. (J’émets un cri étouffé.) Sache que dans ma famille, les hommes ne se contentent jamais d’une porte ouverte. Nous allons toujours au bout des choses. Sans plus de manière, il me soulève d’un puissant coup de rein et s’enfonce en moi. Mon corps s’arque entre ses bras puissants. Un cri aigu s’échappe de ma gorge. Chaque fibre de ma peau vibre sous l’ouragan de sensations qui m’engloutit. Mon souffle se bloque, court, désordonné, tandis que des milliers d’étoiles dansent devant mes yeux embués. Son hurlement résonne dans la pièce, tel celui d’une bête en chasse : — p****n, Amberly ! Il bascule nos corps en avant, emporté par une force qu’il ne maîtrise plus. La sauvagerie de cet instant me submerge, m’écrase et m’élève à la fois. Mon cœur tambourine sauvagement au rythme chaotique de ses coups. La chaleur brûlante de son désir s’insinue partout, dans mes muscles crispés, jusque dans mes os. Le lit craque sous notre frénésie. Mes mains agrippent les draps, comme si m’y accrocher pouvait m’ancrer au monde alors que je me perds dans cet océan de plaisir brutal. Mes doigts se crispent. Chaque poussée me détruit et me reconstruit à la fois. Une ivresse profonde m’enveloppe. La douleur se mêle à l’extase, la peur se dissout dans la passion. Je suis à la fois vulnérable et invincible, noyée dans la tempête de ses gestes et dans la chaleur de son corps qui ne lâche rien. Puis, soudain, le feu explose en moi. Un déferlement intense, v*****t, qui fait trembler tout mon être. Nos corps se figent un instant dans cette jouissance brute, notre souffle s’accordent, rauques et haletants. Nous jouissons de concert, unis dans cet état primal qui scelle notre fusion. Des larmes chaudes coulent silencieusement le long de mes joues. Aydan se redresse lentement, ses muscles bandés sous la lumière tamisée. Sans un mot, il va chercher le tissu magique rangé dans la commode, et le dépose délicatement sur mes épaules. Un soupir d’aise m’échappe au contact de ce voile fin, qui détend et apaise mes muscles meurtris. — Tu n’y vas pas de main morte ces derniers jours…, je souffle d’une voix basse, encore frémissante des instants partagés. Il baisse les yeux vers moi. Son regard brûlant, lourd de désir et de menace, s’ancre au mien. Un grondement rauque monte de sa gorge. Les ondes de ce murmure guttural résonnent contre ma peau nue, comme si son désir avait une fréquence propre et qu’elle m’était destinée. Ses lèvres se courbent en un sourire à la fois goguenard et tendre : — Tu n’as encore rien goûté, mon ange. Ces derniers jours n’étaient que le prélude de notre partition. ** ** ** ** **
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