Amberly
Mon cœur cogne entre mes côtes tandis que le regard de la Reine Ludivine jongle de l’un à l’autre de nos visages. Un éclair de lucidité parcourt ses yeux, comme si une idée venait de germer dans son esprit.
— Dans ce cas…
Elle tire sur une sonnette. En un rien de temps, une femme d’à peu près son âge, ressemblant aussi bien à ma mère qu’à elle, se matérialise devant nous. Je sursaute, surprise. Ma bouche s’ouvre et se ferme alors que je tente de trouver une explication logique.
— Arrête donc, m’admoneste la Reine, tu ressembles à un poisson hors de l’eau.
Je lui jette un coup d’œil furibond, qu’elle ignore royalement, se contentant de faire les présentations :
— Princesse Amberly, voici Carlyne Sol Levante, parente de ta mère et moi-même. Carlyne, voici la Princesse Amberly, fille de la Reine Marianna et du Roi Pietro, souverains du Royaume d’Europe du Sud.
L’intéressée se tourne vers moi, un sourire de politesse aux lèvres :
— Votre Altesse Royale.
Nous échangeons une révérence de convenance. Je ne la lâche pas des yeux tandis qu’elle se redresse et prend place aux côtés de la Reine. Cette dernière se penche vers elle pour lui murmurer quelque chose à voix basse. Profitant de leur inattention, je me rapproche d’Aydan.
— Nos mères et cette femme ont beau êtes parentes, je ne me souviens pas avoir vu l’une d’elles se matérialiser par magie, je marmonne.
L’ombre d’un sourire effleure ses lèvres. Les deux femmes face à nous hochent la tête, comme convenue de je ne sais quoi, puis reportent leur attention sur nous.
— Vous pouvez partir en promenade, nous annonce la Reine. Carlyne et un groupe de gardes vous accompagneront.
Aydan et moi échangeons un regard furtif.
— Est-ce vraiment nécessaire ? demande mon cousin une pointe d’incertitude dans la voix.
— Absolument. Nous ne sommes jamais trop prudents, surtout avec les temps qui courent. (Je fronce les sourcils. Elle se lève du canapé et s’approche de nous, un sourire suffisant aux lèvres.) Rien qui ne nécessite que tu te prennes la tête, mon enfant. Nous avons la situation sous contrôle. (Elle me caresse furtivement la joue, puis se tourne vers son fils, le visage subitement plus sérieux. :) Nous faisons une exception, mais uniquement pour aujourd’hui. Amberly a encore beaucoup à apprendre en peu de temps. Feumaidh banrigh san am ri teachd eisimpleir a shuidheachadh. (Aydan acquiesce baissant furtivement son regard vers moi, imité par sa mère.) Une future Reine doit donner l’exemple, traduit-elle pour moi.
Un frisson me court le long de l’échine à l’entente de ces mots. Sans me donner le temps de réagir, elle nous congédie d’un signe de main et se rassoit. Nous ne nous faisons pas prier. Après l’avoir saluée respectueusement, nous sortons du petit salon, Carlyne sur nos talons.
— Je vais prévenir les gardes et établir un itinéraire avec eux, nous informe la magicienne.
— Parfait, approuve Aydan. (Elle s’incline dans une révérence, prête à se retirer :) Oh, Carlyne ! (Elle se retourne, sourcils haussés :) Faîtes en sorte que cet itinéraire inclut le cottage royal.
— Bien, Altesse.
Elle nous lance un sourire, puis s’éloigne. A peine a-t-elle disparu à l’angle qu’Aydan m’attrape par la main, m’entraînant à sa suite.
— Où allons-nous ? je le questionne.
— Aux écuries.
— Ne sommes-nous pas supposés attendre notre escorte ? je demande surprise.
Une lueur espiègle traverse ses yeux :
— Ils nous rejoindront sur place.
— Bien vu, Votre Altesse !
Nous nous esclaffons en chœur. Nos rires se répercutent entre les murs tout autour de nous jusqu’aux écuries dont nous franchissons les portes, le souffle erratique et les joues en feu. Sans grande surprise, nos montures nous attendent déjà. L’esprit vif et le cœur battant, je monte en scelle et lance mon cheval au galop, Aydan juste derrière moi.
Un sentiment enivrant de liberté s’empare de moi alors que nous nous lançons dans une longue chevauchée à travers plaines et forêts. Le vent frais de cette journée hivernale m’ébouriffe les cheveux et me fouette le visage. Prenant une lente inspiration, je ferme les yeux et relâche les rênes.
— Droite toute ! s’exclame Aydan.
Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtons près du fameux cottage royal, situé au cœur des bois, près d’une rivière à côté de laquelle nous attachons nos chevaux, qui en profitent pour se désaltérer après cette course folle. M’aidant à descendre de selle, Aydan glisse sa main dans la mienne et me guide à l’intérieur.
L’espace dans lequel nous entrons est à la fois luxueux et simple. Deux grandes fenêtres à carreaux sont encastrées dans le mur face à la porte d’entrée. Une porte secondaire, située entre elles, semble mener à une petite roseraie privée. A droite, une cheminée en pierre est flanquée de chaque côté par des étagères taillées à même le mur, et remplies de livres et de bibelots variés. A gauche, un coin cuisine – salle à manger et un coin chambre avec un lit à baldaquin et deux tables de nuit surmontées de lampes de chevet.
— Cet endroit a été construit par le père de mon père, m’explique Aydan, afin d’offrir à son épouse et aux reines qui lui succéderaient un lieu où se retirer pour se reposer sans trop s’éloigner de la Cour.
— Très belle initiative, je commente en avançant de quelques pas.
Je laisse mon regard courir d’un point à l’autre, émerveillée par ce lieu pourtant bien modeste à côté de la grandiosité de nos palais habituels.
— L’occasion ne s’est pas encore présentée, mais j’aimerais beaucoup ajouter une mezzanine pour monter le coin chambre et installer des commodités à sa place. Pour le moment, nous devrons nous contenter d’un cabanon pour les toilettes et de l’eau de la rivière pour nous laver.
Je lui lance un regard joueur par-dessus mon épaule :
— Quelques heures de vie à la sauvage, quelle horreur !
Il rit. Je me laisse aller entre ses bras qu’il referme autour de ma taille dans une douce étreinte. Il m’embrasse dans le creux du cou, faisant courir un long frisson le long de ma colonne vertébrale. Ses mains glissent jusqu’à l’élastique de mon pantalon. L’une d’elle s’insinue à l’intérieur et commence à caresser mon point sensible à travers le tissu de ma culotte. Je frémis, le creux du ventre envahi par une vague de chaleur. Mes seins se tendent sous le tissu moulant de mon haut. Je rejette la tête en arrière, les yeux fermés, et glisse un bras derrière sa nuque. Je me cambre contre son entrejambe, sentant son membre durcir à travers ses vêtements.
— Que dirais-tu d’aller au lit ? susurre-t-il la voix rauque.
— Mmmm…
Je me détache de lui et me laisse tomber sur le grand lit, les yeux rivés aux siens. Il s’installe à califourchon, une jambe de chaque côté de ma taille. Je me redresse et retire mon haut, exposant mes seins nus à l’air libre. Sa bouche fond sur la mienne puis descend le long de ma gorge, jusqu’à mes seins qu’il mordille impitoyablement, tandis que ses mains s’attaquent à l’élastique de mon pantalon, qu’il retire d’un coup sec.
Ses lèvres continuent leur parcours jusqu’au creux de mon ventre plat. Il m’arrache ma culotte et plonge la tête entre mes jambes. Sa langue lèche et taquine mon c******s, m’arrachant un cri de plaisir. Ses bras se referment autour de mes cuisses qu’ils maintiennent en place. J’enroule mes doigts dans les boucles soyeuses de sa chevelure, transcendée par ses assauts sensuels. Mon être entier se met à vibrer, étourdi de plaisir.
— Aydan…
Un bruit d’explosion retentit autour de nous, brisant la bulle dans laquelle nous nous trouvions. Aydan se redresse dans un sursaut. J’en fais de même, le cœur prêt à bondir hors de ma poitrine sous l’effet de la terreur. Mon regard parcourt la pièce. L’effroi monte d’un cran en moi alors que des lianes surgissent à travers les murs boisés à moitié effondrés. Celles-ci s’enroulent autour de mes poignets, de mes chevilles, et même de ma gorge, tandis que j’essaie de me débattre.
Je secoue la tête, cligne des yeux, m’agite telle une furie. Des flashbacks de mon rêve surgisse dans mon esprit. La porte du cottage s’ouvre avec fracas. Carlyne entre, suivie d’une autre femme que je ne reconnais pas. Toutes deux nous rejoignent.
Aydan bondit du lit, furieux.
— Enfin Carlyne ! Qu’est-ce…
L’intéressée ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase. Ses yeux ancrés aux siens, elle place ses mains de chaque côté de sa tête et enfonce ses doigts dans la peau de son crâne, chantant dans une langue que je ne reconnais pas. Ses ongles semblent s’allonger pour mieux s’ancrer en lui. Aydan s’effondre à genoux dans un grondement sourd. Ses yeux se perdent dans le vide tandis que son corps tremble.
Je tente de me lever, mais les lianes me maintiennent prisonnière. La seconde femme s’approche de moi, parfaitement impassible. Elle débouche une fiole qu’elle positionne près de ma bouche.
— Buvez.
Je repousse sa main d’un coup de menton et lui crache à la figure. D’un mouvement du poignet, elle resserre la liane autour de ma gorge. Je gémis, étranglée. Sa main libre me bouche le nez, me coupant la respiration. Le visage rougi et les poumons en feu, je finis par céder. Elle en profite pour me vider le contenu de la fiole dans la gorge. J’avale de force, manquant de m’étouffer. Elle s’écarte. Je baisse instantanément les yeux vers mon fiancé, toujours à genoux, malgré l’arrêt des tremblements. Après un dernier chant, Carlyne retire ses mains. Aydan se relève lentement, tel un pantin. La seconde femme lui tend une fiole similaire à celle qu’elle m’a fait boire. L’appréhension monte en moi tandis qu’il en avale calmement le contenu avant de la lui rendre.
— Vous savez ce qu’il vous reste à faire, dit Carlyne.
Elle se retire dans une révérence, imitée par l’inconnue. La porte se referme derrière elles. A mon plus grand effarement, les lianes se retirent et les murs se reconstituent comme si de rien n’était. Je tente de bouger, mais reste clouée au matelas, comme si j’étais toujours entravée. Aydan se tourne vers moi. Son regard affamé glisse lentement le long de mon corps. Mon être entier frémit malgré la peur qui me tiraille les entrailles. Mon c******s palpite de plaisir, bien que mon esprit tente de raisonner. Aydan s’avance lentement, tel un prédateur. Le lit craque sous son poids tandis qu’il reprend sa place entre mes cuisses, qu’il écarte avec son genou.
Je prends une lente inspiration et m’humecte les lèvres, la gorge sèche :
— Que s’est-il passé ? je demande.
Un grondement sourd remonte des tréfonds de sa gorge.
— Silence.
Son regard accroche le mien. Un frisson d’effroi me parcourt le corps en reconnaissant la lueur qui l’anime : la même que celle qui courrait dans les yeux de l’amant de Kara. Panique et désir se confondent en moi.
— Aydan…
La liane invisible se resserre autour de ma gorge. Son membre dressé par le désir effleure mon c******s tandis qu’il prend appui sur la tête de lit.
— J’ai vu la manière dont tes ancêtres, Arthur et Guenièvre, ont traité le mien Mordred, fils illégitime d’Arthur et sa cousine Morgane, né d’une beuverie dont Arthur était l’investigateur, dit-il d’une voix rauque. J’ai vu la manière dont Kara, la compagne officielle de Mordred, a été traitée elle aussi. Arthur traitait Morgane comme sa p**e personnelle, tu seras la mienne. (Il rapproche sa bouche de mon oreille, puis ajoute :) ma Reine le jour, ma petite p**e la nuit.
Sans que je puisse ajouter quoi que ce soit, il me pénètre d’un puissant coup de rein. Je m’arcboute, traversée malgré moi par une vague de plaisir intense. L’entrave autour de ma gorge disparaît, mais celles qui maintiennent mes poignets et mes chevilles en place restent. La tête enfouie dans le creux de mon cou, Aydan me soulève dans des mouvements puissants et rapides. Le lit craque sous ses assauts fougueux. Sa poigne sur le cadre se resserre avec une telle force, que le bois commence à céder.
Fermant les yeux, je rejette la tête en arrière et empoigne les draps de soie. Je relève les jambes, que je place sur chacune de ses épaules. Mon esprit divague, partagé entre l’instant présent et des images d’une femme à la beauté irréelle, ainsi que celles d’un homme ressemblant grandement à Arthur.
— Reste avec moi, gronde Aydan.
Je rouvre les yeux, resserre mes cuisses de manière à le retenir contre mon c******s. Il grogne, relève la tête. Son regard ardant accroche le mien tandis qu’il me prend fougueusement. Passant un bras autour de ma taille, il me tire à lui augmentant notre proximité. Mes muscles abdominaux se contractent. Mon être entier se crispe sur le point d’imploser. Le sien moite tremble tout contre moi.
Un grondement guttural remonte dans sa gorge :
— Jouis pour moi.
Son ordre résonne jusqu’au plus profond de mon être. Les mots à peine sortis de sa bouche, la vague de plaisir déferle en moi tel un raz-de-marée. Je m’effondre dans un cri, le cœur battant à tout rompre. Mes muscles se relâchent. Ma poitrine monte et descend au rythme de ma respiration effrénée. Les dents serrées, il continue de pomper en moi sans lâcher mon regard. Mon être entier frémit. Dans une dernière poussée, il jouit à son tour répandant sa semence brûlante dans mon bas ventre. Il s’écroule et roule sur le côté.
Un calme apaisant s’installe autour de nous tandis que nous reprenons nos esprits. Je me tourne sur le côté, rassasiée. Aydan en fait de même, un bras autour de ma taille, son corps collé au mien, son membre glissant le long de ma fente humide et douloureuse.
Je gémis, mon corps apparemment prêt à en recevoir encore plus.
— Je vais te b****r, Fy nghariad, gronde-il en se positionnant pour me faire à nouveau sienne. Je vais te b****r jusqu’à plus soif.
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