LES DEUX AMISC'était le soir de la Toussaint, à la veillée, dans une vieille maison des environs de Plogoff, bâtie sur l'emplacement et avec les pierres de l'ancien manoir de Kergaradec. On connaît ce paysage funèbre de l'extrémité du Cap. A gauche, le morne chemin qui mène vers Lezcoff, la pointe du Raz et le gouffre de l'Enfer; à droite, la vallée profonde, où dort, dit-on, sous les eaux grises de l'étang de Laoual, tout un quartier de la Ker-Is des légendes, et qui s'ouvre, vers l'ouest, entre les promontoires sinistres du Raz et du Van, sur la mystérieuse baie des Trépassés. Dans la cuisine, étroite et sombre comme une crypte, une douzaine de personnes formaient cercle devant l'âtre, encadré, suivant l'usage de la région, par une boiserie peinte supportant, sur une tablette, une vier


