I

350 Mots

ICeux qui ont connu Ervoanic Prigent se le rappellent encore. Il était de ceux qu'on n'oublie pas. Quand on le voyait arriver dans les bourgs du Trégor,—avec son éternel chapeau haut, aux plis avachis d'accordéon, et qu'ornait une guirlande de fausses fleurs, avec son habit aux longues basques traînantes qui faisaient derrière lui une espèce de sillage dans la poussière ou la boue des rues,—vite les enfants accouraient, et c'étaient de toutes parts des appels bruyants: —Ervoanic! Ervoanic! Lui, habitué à ces ovations, les accueillait avec une indulgence hautaine de souverain en tournée. Il se campait fièrement, au beau milieu de la place du bourg, croisait l'un sur l'autre les revers de son habit à basques et envoyait de la main des saluts protecteurs à toute la foule des polissons. I

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