Andréa les toise durement, les tenant presque en respect alors qu’il reste sur le pas de l’arche ouverte qui sépare l’espace cuisine du salon. Mael aussi est là, bien plus vaseux, et se frottant encore les yeux tandis qu’il semble encore si proche de son sommeil cotonneux. Leurs mains sont férocement accrochées l’une à l’autre le plus jeune se tient instinctivement proche de son nouveau lié. Le simple fait de l’avoir sous les yeux offre la certitude aux quatre parents, leurs enfants se réclament et ils ne peuvent pas envisager de les séparer ! Heureusement, ils semblent tous bien plus calmes et posés, partenaire même, apte à te confronter à leurs deux têtes brulées.
- Maman... ? J’ai mal ! Ça pique...glisse Mael, inconscient de la tension et la distance que garde Andréa.
- C’est normal mon trésor, il faut attendre un peu avant que le bobo parte. Mais on va soigner ça et tu as assez courageux pour le supporter d’accord.
- Mmmh...
La voix de Marianne tremblote, c’est vrai ! Mais très vite elle se reprend, se couvrant de sa cape de super maman pour répondre aux besoins de son enfant. Elle se dégage doucement de l’étreinte réconfortante de son mari et fait un pas vers eux, une attitude douce et apaisante qui la caractérise toujours d’ailleurs. Mais qu’importe ses intentions, Andréa réagit si vivement qu’elle se fige à nouveau !
Il ne dit toujours rien, mais ses sourcils se froncent grossièrement et ses épaules se voutent. Il a reculé d’un pas, serrant plus fort ses doigts sur la main de Mael, tentant de le reculer lui aussi. Ses phéromones explosent d’un coup, sa colère et ses craintes sont juste là, pourtant ils ne peuvent pas le comprendre, plus à présent en tout cas. D’instinct, MJ et Adrien captent un peu, évidemment, ils sont liés par le sang ! Mais maintenant que l’enfant s’est lié, comme une radio mal réglée, les hormones se font secrètes, ne laissant plus que le deuxième pour les comprendre. Et c’est sans appel !
Tout aussi violemment, Mael bouge instinctivement, réagissant à l’appel de son lié qui indique que “quelque chose” ne va pas ! Le petit garçon comprend que c’est sa propre mère qui dérange son meilleur ami, alors Mael s’avance lui, et son visage lunaire habituellement souriant et si ouvert se fane. Il semble affreusement neutre, véritable barrage de ses émotions, semblant vraiment incompatible avec son jeune âge. À son tour ses phéromones prennent de l’ampleur, se logeant presque avec celle de l’autre dans une étreinte remplie d’harmonie. Immédiatement, le visage d’Andréa se fait plus serein, il ferme même les yeux comme pour apprécier cette danse de saveur invisible dont ils sont les seuls à percevoir les pas.
- Tout va bien les garçons ! Ne vous inquiétez pas !
Toujours aussi douce, Marianne conserve son aura naturelle solaire ! Son fils n’est pas un gamin à problème et elle a toujours su gérer les colères sans avoir à crier et porte beaucoup d’attention à ce qu’il a à dire ! Elle a noué une relation profonde avec son petit et elle est certaine qu’elle peut les apaiser tous les deux si elle joue selon leurs règles !
- On va devoir rentrer à la maison ?
- Oui évidemment, il faut te laver tu es... Enfin trésor regarde toi tu es tout sale et on va mieux regarder la plaie pour la soigner. Et puis il est tard de toute façon...
- Non ! Je ne veux pas !annonce enfin Andréa
Sa voix enfantine claque, giflant presque chacun des adultes. Ses yeux marron se font encore plus colériques tandis qu’il s’agrippe à présent au bras de son copain. La petite main de Mael se pose doucement sur son bras, réconfortante, faisant grimacer Andréa qui déteste toujours qu’on le couve même si intérieurement, il n’avouera certainement pas qu’il se sent mieux.
- Vous ne pouvez plus nous séparer maintenant !Affirme Mael
Son regard est toujours aussi illisible et rien dans son expression n’indique ce qu’il se passe réellement au fond de lui. Son attitude semble fière, inébranlable et Paul réalise alors que son fils est certainement un Alpha. Il pensait foncièrement qu’il avait pris le genre de sa mère lui qui dispose du même caractère qu’elle. Son fils est un parfait mélange d’eux, si rayonnant et facile que l’est sa maman, pour autant il tient presque tout le physique de son paternel, le rendant rudement fier ! Avec ses mèches blond platine et ses immenses yeux bleus, ils sont presque pareils, les rendant même jumeaux lorsqu’ils s’amusent à les comparer sur les photos de lui au même âge. Mael a tout pris de son côté, même son grain de beauté juste au-dessus du sourcil droit. Mais quand bien même, il ne pensait pas que les cartes aient distribué son jeu ainsi, bien que cela ne change rien ! Alpha ou Oméga, ils ont la chance de vivre dans un pays libre ou le sous-genre n’a strictement aucune importance.
Mais dans ce cas bien précis justement cela en a ! Car il comprend ce qu’il se passe justement, car c’est lui aussi un Alpha ! Son gamin laisse son instinct prendre le dessus certainement parce qu’il ne gère pas autrement, la situation l’oblige à se mettre sur ses gardes et à réagir en ce sens. Mael n’est pas Mael en ce moment, il s’agit surtout d’un Alpha protégeant son lien... Alors il s’avance doucement, captant directement l’attention des deux garçons et il lève les mains en signe de paix. Difficile de savoir si les petits peuvent le comprendre, ils n’ont que cinq ans bordel ! Mais quand bien même, c’est en tant qu’Alpha que Paul répond à son petit garçon !
- Personne ne peut vous séparer et ce n’est pas ce que nous allons faire, vous m’entendez ? Vous n’allez pas être séparé !
- On ne veut pas !
- Oui je sais Mael, tu ne le seras pas.
- Tu le jures ?
Rien n’est banal ici ! Il sait parfaitement que s’il rompt cette promesse-là, jamais plus son fils ne lui accordera sa confiance. Jamais il ne pourrait retrouver ce qu’il aurait brisé ici et Mael ne le respecterait sans doute plus... Alors oui, il s’engage à défendre les besoins qu’il comprend et il acquiesce face à cet autre alpha.
- Oui c’est une promesse !
Un léger sourire pare les lèvres de l’enfant, laissant les parents s’accrocher à cela. Le ton est donné, et à présent le petit blond regarde sa mère à la recherche de sa propre approbation.
- Oui trésor, c’est promis ! On ne va pas vous séparer !
Mael acquiesce silencieusement, puis fixe les parents de son ami, attendant exactement pareil de leurs parts !
- Tu peux me croire, nous ne ferons pas ça !
- On vous le promet les garçons.
Les parents jouent le jeu, tous conscient de l’implication qu’ils prennent et ils conservent aussi la distance dont les gamins ont actuellement besoin pour ne pas les froisser. Et Mael les croit, cela se voit ! D’un coup, ses joues se gonflent et il prend une grosse bouffée d’air frais, comme pour reprendre pied. Puis il se tourne vers Andréa et lui sourit franchement, comme pour lui dire que tout est arrangé. Mais l’autre gamin semble bien moins serein, voyant apparemment plus loin.
- Est-ce que Mael va encore changer de maison ? Ou d’école ?
MJ soupire tandis qu’Adrien rit doucement. Leur fils a toujours été dur ! Mais ce sont des réponses qu’ils n’ont pas encore... Ils ont pu discuter un peu, mais pour l’instant ils ont surtout convenu d’emmener les garçons voir le médecin. Ils savent tous qu’ils ont des solutions à trouver, mais il y a encore bien des choses à décider. L’appartement n’a pas été rendu, mais Paul a déjà accepté la place et il ne sait pas s’il peut réellement revenir sur cette décision ni si c’est ce qu’il faut à sa famille d’ailleurs !
- On va discuter de tout ça trésor, mais cette fois nous allons faire autrement !
C’est Marianne qui reprend, venant en aide à sa meilleure amie qui ne sait ce qu’elle peut dire ou non. Pourtant Andréa a besoin d’être entendu autant que Mael...
- Cette fois, on vous écoutera. Si vous ne voulez pas être séparé à l’école, alors on fera ce qu’il faut pour que vous restiez ensemble, si vous voulez vous voir tous les jours alors on s’arrangera entre nous. Andréa pourra venir dormir à la maison autant de fois que vous le voudrez et si quelque chose ne va pas, vous pourrez nous en parler, on écoutera. C’est une promesse Andréa.
Et si le petit oméga conserve son air revêche, sa prise sur on lié se défait doucement et sans qu’ils ne s’en rendent compte sans doute, les deux gosses retrouvent leurs cinq ans ! Mael fond en larme, se précipitant vers son père pour réclamer une étreinte. Tout est trop pour l’enfant qui ne comprend pas tout et subit surtout lourdement le contrecoup de son inquiétude. Paul enlace son fils en dégageant naturellement ses phéromones d’apaisement, inutile, mais il le fait lui aussi sans s’en rendre compte. Il le juste besoin que le petit retrouve son merveilleux sourire insouciant parce qu’à son sens, l’univers ne peut tourner correctement sans. Marianne les rejoins et enlace ses deux hommes, captant le regard azur et plein de larmes qui papillonnent dans tous les sens à la recherche d’une chose à laquelle se raccrocher. Et il le trouve chez sa maman et son sourire charmant qui lui jure que tout ira bien à présent.
- On a fait une bêtise ! Je suis désolé !
- Ne t’inquiète pas trésor, nous ne sommes pas fâchés ! On a un peu peur, c’est vrai, mais on est pas fâché !
- Vous n’êtes pas fâchés ?
Andréa est surpris et cela se sent. Il est toujours sur le seuil, hésitant férocement, regardant son meilleur ami d’un air envieux. Il s’est déjà dénoncé de toute façon, il n’a pas vraiment peur de se faire crier dessus et il ne regrette pas. Si c’était à refaire, il recommencerait ! Il peut tourner en rond toute cette situation, il est sûr d’une chose, il ne veut pas être séparé de son copain ! Mais il était aussi quasiment certain sur sa mère serait folle de rage et qu’il aurait déçu son père et même s’il ne voulait vraiment pas ça, il a un petit espoir qu’il se soit trompé.
- Maman ? T’es fâché ? Et toi papa ?
Il demande alors franchement, de toute façon le gamin n’aime pas tourner autour du pot même s’il a souvent du mal à assumer ses propres émotions, préférant les cacher derrière sa colère et son poing levé qu’en déversant assez de larmes pour imbiber complètement un mouchoir en papier...
- Viens par ici fils...
MJ ne l’appelle pas souvent aussi doucement. Elle qui montre son amour de maman à travers ses attentions discrètes. Mais justement, c’est quand elle se comporte ainsi qu’Andréa ne se sent pas de désobéir, comprenant que ce n’est pas le moment. Donc il répond à son invitation, se retenant de la rejoindre en courant, et la rejoint rapidement sans arriver à lâcher son regard. Elle lui ouvre les bras alors le soulève facilement, le calant sur sa hanche comme elle en a trop l’habitude.
- Tu deviens trop grand pour ça aussi... Bientôt je ne pourrais plus te porter ! Ça passe trop vite, laisse-moi en profiter un peu...
Elle le serre fort contre elle et son fils se laisse fort, l’agrippant à son tour, ayant sincèrement besoin du réconfort de sa maman. Il grimace, tentant de se retenir autant qu’il le peut, mais rien à faire ! Les barrages cèdent et lui aussi se met à pleurer. Il cache son visage dans le cou de sa mère et se fait discret, relâchant ses émotions tandis que sa mère le berce. Puis il sent la main apaisante de son père dans ses cheveux noir corbeau et il ne se retient plus...
- On t’aime fort fils, bien plus que tout ce que tu pourrais imaginer ou faire !
Et cela suffit aussi ! Ses parents lui ont déjà assuré qu’il ne pourrait rien faire qui les ferait arrêter de l’aimer, Andréa à même supposé que c’était la même chose pour tous les gosses du quartier. Mais il doit avouer que cette fois, il a eu peur d’y être tout de même parvenu. C’est un soulagement qu’il ne peut retenir. Pour lui, tout se termine incroyablement bien ! Il n’a évidemment pas conscience de tout ça implique, mais ce n’est pas grave. Il a confiance en ses parents, sa mère ne lui ment jamais...
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Prochain chapitre : Liés au quotidien
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