8. L'appel dans sa tête [Part 2]

1532 Mots
Il est pourtant trop jeune, alors il se refrène autant qu’il le peut, d’autant plus que son Oméga est loin de partager ce besoin. Pourtant, il ne se trompe pas, il sait parfaitement que son instinct le lui dicte. Pour le moment, il a réussi à le tromper momentanément ! Depuis que son vieil ami lui demande régulièrement de parfumer sa veste, il peut lui aussi la récupérer alors que celle-ci porte son parfum ! Alors il la cale dans le lit qui jadis, appartenait à Andréa. Il lui arrive régulièrement d’y glisser des objets qui lui rappelle son lien ou qu’il pense pourrait lui plaire, comme une vieille photo, la boite remplie de domino caché sous l’oreiller ou un carnet vierge pour y écrire ses morceaux de musique... De toute façon, sa mère ne vient plus s’occuper de sa chambre, c’est souvent déconseillé d’ailleurs, plus particulièrement lorsque les ados arrivent à un âge farouche comme eux. Et c’est vrais que malgré sa gentillesse et son sourire facile, il pourrait mal prendre la présence intruse de sa maman dans son coin solitaire. C’est justement parce qu’il peut faire ça et qu’elle respecte cette ligne invisible qu’il tient sa pulsion en cage ! Ça et peut-être l’avenir qu’il s’est déjà imaginé ! L’Alpha sait déjà ce qu’il aimerait faire à l’avenir, même s’il n’en a encore parlé à personne... De plus, cette “idée” est née d’une vieille lubie, un souvenir qui a fini par devenir persistant et auquel il a fini par devenir précieux... Le jeune homme souffre de diverses allergies depuis tout petit. Il réagit spécifiquement à certaines plantes et poils d’animaux. Enfant, c’était assez grave pour qu’il soit constamment sous traitement et qu’il soit tenu éloigné de tout mammifère poilu, devant aussi porter un masque lors des floraisons. Cependant, ils avaient un jour supplié leurs parents d’avoir un chien ! Mael se souvient bien fort d’à quel point Andréa et lui le désiraient ! C’était justement lors de l’inauguration du parc à chien dans lequel il traine souvent que l’idée est venue et les deux enfants ont mené la vie dure pour tenter de convaincre les adultes. Mais aucun des quatre parents n’a cédés, ne serait-ce que d’un pouce, et les allergies de ce lui petit avait largement contribué comme excuse. Mais une chose était certaine, son meilleur copain lui avait promis une chose... Ce n’était sans doute que des mots prononcés par un enfant déçu, mais c’était suffisant pour que ceux-ci se gravent dans ses souvenirs. Andréa l’avait consolé alors qu’il était rempli de culpabilité d’être la cause de ce refus. Et surtout l’Oméga lui avait promis que plus tard, lorsqu’ils auront leur maison, il pourrait avoir une centaine de chiens s’il le souhaitait... Évidemment, il est certain qu’il n’en demande pas tant, comment pourrait-il prendre soin d’une centaine de toutous ? Pourtant il y avait autre chose qui lui plaisait : le fait que dans la tête de son copain, ils habiteraient ensemble quand ils seraient assez grands ! De la tête au pied, il adore tellement cette idée, ne pouvant ignorer les envolées de papillons qui lui campé l’estomac rien que d’y penser... Et de ce joli fantasme, il s’était demandé s’il pourrait devenir vétérinaire... C’était la douce époque où ils étaient encore inséparables, celle où ils n’étaient simplement que des amis ! Une relation qui ne reviendra jamais, et Mael le sait. C’est une certitude ancrée, car, quand bien même l’Oméga n’a pas ce genre de sentiment, lui est amoureux de son vieux complice... Il en a conscience depuis quelque temps maintenant. Il a eu un peu de mal à savoir quoi faire de tout cela, s’il devait se déclarer ou au contraire tout planquer. Mais étant donné qu’ils n’avaient pas l’occasion d’avoir une conversation normale avec Andréa, il s’était surtout dit que ce n’était clairement pas le “bon moment”. Alors depuis tout ce temps, il a juste gardé le silence, se satisfaisant simplement de pouvoir donner à son Oméga ce don il a besoin. Car il le perçoit dans leur lien, il n’a pas besoin de plus ! Alors soit, c’est très bien de la sorte... Puis, peut-être qu’un jour, Andréa aurait besoin d’un peu plus que ses phéromones sur un pull... Ce n’est pas une perspective que Mael a imaginée. Non pas que cela lui semble impossible, juste que tout comme ses sentiments, il n’a pas besoin de pousser. Il avance à son rythme alors, lis entre les lignes de son lien et reste sérieux en cours. Ni plus ni moins. Évidemment, il arrive que ses amis lui proposent de sortir ou il accompagne Alice à une exposition sur les étoiles dont elle raffole, mais au-delà de ça, il ne fait rien de plus. Il sait qu’il est ennuyeux dans un sens, il n’est qu’un gamin qui bafouille dès qu’il doit lire au tableau et dont le sac à dos déborde de vieux comics que beaucoup estiment démodé. Andréa est complètement le contraire, solaire, il attire tout le monde à lui, le rendant populaire à son insu, et ce malgré son air revêche. Dans une série américaine, il serait le sombre nerd sans ami tandis qu’Andréa jouerait le quarterback vedette ! C’est assez étrange donc de savoir qu’ils sont reliés d’une telle façon, mais dans tous les cas, ça lui convient. Qu’importe leurs situations différentes, ils ne seront jamais “personne” pour l’autre de toute façon. Alors il peut aller glander sur l’herbe avec ses livres et sagement attendre de voir si un jour, Andréa le réclame... Un peu comme maintenant ! Ses doigts se figent et il reste bloqué dans une position bizarre, à moitié courbé pour attraper vite fait ses baskets. Il analyse la situation, complètement surpris et foutrement paumé, tandis que ses joues se colorent superbement. Il ne rêve pas ? Il vient d’y penser et il crève littéralement d’envie de le voir et juste là justement, l’Oméga l’appelle vraiment ? - Ou vas-tu Mael ? La voix de sa mère le tire de ses songes et c’est aussi ce moment que choisit son sac à moitié ouvert de laisser passer la pile de bouquins qu’il y a fourrés. Tout s’étale sur le sol, lui laissant alors un moment pour se reprendre. Il ramasse sa charge, les mains de sa mère apparaissant dans son champ de vision pour l’aider et lorsqu’il croise son regard, il craque. - Maman, je crois qu’Andréa a besoin que j’aille le voir ! - Comment ça ? Clairement, elle semble surprise, il le remarque de suite, mais il ne peut pas trop lui en vouloir. Les adultes savent très bien qu’ils s’adressent à peine la parole alors il n’y a pas de raison de s’en offusquer. Mais justement, peut-être que s’il lui explique ce qu’il sent, elle pourra lui expliquer ! Après tout, elle aussi connait bien ce genre de lien... - Hé bien à travers le lien, je le sens. C’est possible ? Enfin oui je sais qu’on comprend un peu tout ça instinctivement, mais jusqu’ici, jamais il m’a... appelé ! Donc je me trompe peut-être ! - Tu crois que tu te trompes ? - Non ! - Alors il t’appelle ! Ses lèvres forment un“Oh”et il est certain que les rougeurs de son visage s’accentuent complètement. - Tu sembles content ! - Bah oui... J’ai envie de passer du temps avec lui. - Tu sais pourquoi il t’appelle ? - Non mais... Je crois que je devrais y aller vite ! réa est mal pour une raison ou une autre et il sent au fond de lui ses intuitions qui bouillonnent. Son Oméga demande sa présence et c’est la première fois que ceci se produit. Le blond n’attend pas plus maintenant qu’il a les idées plus claires. Il enfile ses chaussures à la hâte, jetant pêle-mêle ses affaires dans son sac qu’il prend soin de fermer cette fois et files en courant, faisant rire sa mère. - Tu me raconteras trésor ! La mère lui impose un smack bruyant sur le front juste avant qu’il ne sorte et retient la petite soeur qui demande à l’accompagner. Elle lui fait signe de partir, promettant ensuite à la petite de le rejoindre un peu plus tard dans la journée. Dans tous les cas, Mael s’élance, se concentrant toujours sur son lien pour tenter de le déchiffrer. Il ne sait pas pourquoi Andréa semble un peu perturbé, il comprend plutôt que c’est un sentiment similaire à ce qui l’oppresse lui-même depuis hier. Il a juste besoin de le voir pour se sentir mieux et il est loin d’avoir l’envie de s’en abstenir. Alors il traverse la rue et dépasse les trois maisons qui le séparent de lui et enfin il arrive à destination. ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆ Prochain chapitre : Deux contre “Deux” ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER