13 : L'amitié c'est trop frustrant [Part 1]

1311 Mots
- Je n’ai définitivement aucune envie de faire ce devoir... - On a assez reculé idiot ! C’est pour demain matin... - Ouais je sais ! J’aurais une récompense si je travaille bien ? - Normalement c’est moi qui devrais réclamer ça puisque je t’aide ! - Bah fais-le ! Quelle récompense tu veux ? C’est juste une conversation banale. D’autant plus que Mael demande sérieusement qu’il souhaite quelque chose, il n’y a rien de plus qui transpire dans tout ce qu’il vient de dire. Tous les sous-entendus, c’est bel et bien lui-même qui les installe. C’est cliché et il le sait ! Il a la terrible impression de se retrouver devant l’une de ses séries à l’eau de rose remplie de quiproquo et de double sens ! Mael n’a même pas relevé les yeux de son cahier, ses yeux sautant d’un bout à l’autre tandis qu’il lit la consigne en tentant de la comprendre. C’est exactement comme d’habitude, il n’a pas cherché à insinuer quoique ce soit... Celui qui change c’est lui... Andréa le sait ! De tac-o-tac, il aurait bien aimé répondre qu’il aimerait ”autre chose" . Un ”quelque chose" de si osé qu’il n’arrivait même pas à le penser ! D’ailleurs, n’y avait-il pas des étapes à franchir de faire... ”ça" ? Bien sûr que si ! Donc il avait fini par conclure qu’il était influencé par son cycle qui approchait... Seulement maintenant que cette période était passée, les idées continuaient à affluer dans son esprit. Pire ! Elles avaient évolué... Avant d’être affecté par ses chaleurs, effectivement il ne pouvait nier avoir imaginé des situations explicites avec son Alpha. Ce n’était pas forcément facile de faire comme-ci, mais voilà, une fois finis, les choses redeviendraient “normal” ! Sans doute qu’il pouvait se dire que c’était le cas ? Sans ses hormones en folie, son imagination s’était calmée en un sens. Au moins, ils gardaient leurs vêtements... Pour autant, il se voyait souvent se lover dans les bras de l’Alpha ou lui réclamer un b****r et ça, ça n’était jamais arrivé ! Mael avait toujours eu ce rôle d’ami. Certes, il était plus que ça, ils étaient liés et cela rendait vraiment la situation particulière. Seulement à présent, il le sentait, il avait envie de ça... Putain ouais, il voulait vraiment venir plonger sur cette bouche et la rendre rose de baiser... - Achète-moi des beignets de pommes. - J’en prendrais demain alors ! Il avait répondu simplement, sans le regarder ni percevoir le trouble. Parce qu’encore une fois, tout venait de lui seul... Mael était Mael, et même en examinant les phéromones de l’Alpha, il devait se rendre à l’évidence. Il était le seul à penser de la sorte. La situation convenait à Mael et il n’avait aucun manque particulier. Quand il le regardait, c’était avec la même intensité qu’avant et son coeur avait toujours battu de cette façon quand ils étaient ensemble ! De son côté, c’était une horreur ! Mael percevait les affres étranges qui semblaient tourmenter l’autre. Mais il le savait à l’instinct, il était lié à ce trouble d’une façon ou d’une autre, le rendant complètement lâche. Et si l’Oméga avait finalement compris ses sentiments ? Bon sang, si c’était simplement ça et qu’il avait peur ou pire, que ça le dégoutait... ? Et si en fait, il était tombé sous le charme de quelqu’un ? Il peut fouiller dans ses souvenirs, Andréa n’a jamais réellement semblé se préoccuper d’une quelconque histoire de coeur, mais la question allait bien finir par se poser non ? Quoiqu’il se passe, son lié était agitée par quelque chose et il n’osait pas aborder le sujet, prenant soin d’agir exactement qu’il l’a toujours fait... Il avait bien peur de devoir entendre certaines choses ou devoir dévoiler les secrets longuement fleuris dans son coeur. Leur quotidien s’était doucement installé et il en avait adoré chacun des aspects, ayant à présent peur de le voir disparaitre. Alors il gardait le silence, tentant de se dire que peut-être, juste un peu, toutes ces petites réactions lui étaient dédiées... Difficile de savoir si c’était son désir qui prenait le pas sur la réalité ou s’il y avait une réelle chance que ce soit le cas. La simple idée d’Andréa amoureux de lui est complètement folle, mais irrésistible ! Il pouvait lui donner cette définition après tout. Alors il approchait, l’air de rien, sa main de la sienne et se plonger dans son regard, regardant cette lueur chaude et inquiète qui flambait d’un coup à l’idée d’être découverte. Elle était là, sous son attention, dansant comme une intense invitation d’être une réponse à ses questions. Elle pouvait être beaucoup de chose, mais c’était ce qui plaisait tant à l’Alpha, alors il s’y plongeait régulièrement... Tentant de se convaincre de cette réalité, il prenait note de toutes ces petites choses. Une longue liste d’indices sur laquelle il pouvait appuyer sa théorie, les chérissant presque de nourrir son hypothèse ! Cependant, les choses restaient atrocement frustrantes. Il avait tellement envie de pouvoir lâcher prise et avoir le droit de réclamer toute son attention. Cela faisait bien longtemps qu’il se savait amoureux de son meilleur ami, et Andréa conservait évidemment ce titre ! Il tenait simplement plusieurs rôles à la fois.. Il souhaitait surtout pouvoir obtenir plus, toujours plus... Le droit de fondre contre lui dans le lit, sentir sa chaleur toute la nuit et le nommer gardien de son sommeil. Il voulait le prendre dans ses bras, le calant fort tout contre son coeur pour lui faire entendre le refrain de ses sentiments. L’Alpha souhaitait pouvoir lui attraper la main bien plus longtemps quand ils sont proches, pas seulement pour se rassurer, mais juste parce qu’ils ont envie de se réchauffer ensemble... Maelveutle droit de l’embrasser ! De l’entendre gémir dans une étreinte secrète et passionnée... Il exige tout... Mais à la place il se contente de voir sa brosse à dents à côté de la sienne, riant de ce fait, car il n’y a pourtant aucune raison qu’elle y soit... Andréa ne vit pas avec lui... Tout ceci n’est qu’un Erzats de vie commune dans laquelle il y a encore bien trop de taches. Ils n’ont que dix-sept ans et sont bien loin de l’autonomie ! Mais plus enrageant encore, ils ne sont que de simples amis et il doit s’en contenter... Ils sont inconsciemment d’accord sur ce point ! Cependant, autant Mael connait la teneur de ses sentiments, autant ce n’est pas forcément le cas de Andréa. Tout est encore fouillis et soudain. De plus, comment ne pas penser que tout ceci se produit à cause de leur marquage ? Ils ne sont pas si mal à présent, il ne doit pas tout gâcher... Pourtant il est paumé et il le sait ! C’est pourquoi il s’est décidé à faire une chose incroyable ; demander conseil à sa mère ! La journée de ce mardi de février est bien fraîche ! Ils viennent d’ingurgiter le repas familial pourtant retardé par la crise de larmes d’Andoni. Le petit garçon de deux ans qui s’est évertué à courir nu dans la maison, refusant de prendre son bain, se cachant même dans la chambre d’Arthur pour échapper au supplice. Mais on ne la faisait pas à Adrien, papa surentrainé qui savait faire face à cette situation. Malgré tout, il était déjà tard lorsque Mael prit le chemin de son appartement, laissant l’Oméga songeur. Il avait regardé l’ombre de son lié disparaitre dans la rue, avant de soupirer à fendre l’âme. Il avait déjà pris sa décision, mais ça n’en restait pas moins facile. Certes il pouvait compter sur sa mère pour se montrer à l’écoute et honnête, mais il était tout aussi certain qu’elle allait largement se moquer de lui à un moment ou un autre.
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