Abel se mit à crier en se tenant les tempes avec ses paumes de peur d’exploser. Il pensa à l’eau miraculeuse et à Gersende, il avait un espoir de tout refouler et de nouveau, tout oublier. Il alla voir la truie, sa seule compagne dans la porcherie. Il lui raconta mentalement l’histoire de la valise. Allongée, elle releva la tête mais sa grande oreille ne se rabattit pas complètement, si bien qu’Abel put voir son œil très humain le fixer. Elle émit deux petits grognements successifs qui semblaient vouloir dire : ne t’en fais pas ! Il en fut rasséréné. Il lui donna deux autres feuilles de choux et il lui sembla même qu’elle lui avait fait un clin d’œil. Lorsque qu’il entra chez lui, la valise était là, ouverte, offrant son contenu indécent. Par un recoupement qui lui parut évident, Abel ven


