Et Fiat Lux *** 53 Les rues berlinoises s’enchaînaient à vive allure. Quelques centaines de mètres avaient suffi à la voiture sombre pour se rapprocher dangereusement. J’eus beau accélérer, prendre tous les risques, rien n’y fit. Nos poursuivants ne lâcheraient pas prise, je devais m’en faire une raison. À mes côtés, Debby, les yeux rivés dans les rétroviseurs, affichait un calme qui tranchait singulièrement avec ma nervosité. Déterminée, elle tempérait tant bien que mal l’anxiété avec laquelle je menais la course folle, se saisissant régulièrement du volant pour me faire brusquement changer de direction. Il n’était depuis bien longtemps plus question de suivre les indications laissées par Graüpner. Ce fut pourtant à cet instant critique que le Soviétique se rappela à moi. La sonnerie


