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Il attrape ma main et noue nos doigts ensemble.
- Je ne sais pas ce qu’on espére ! Je n’ai aucune idée de “où” une histoire peut nous mener Edosan, pas plus que je ne le sais avec toi. Je crois surtout qu’il faut en parler !
- Tu ne les connais pas un peu ? S’ils ont rien fait ou dit, c’est parce qu’ils l’ont décidé ! Ils ont juste quoi ? Cent ? Deux ans ? Et on aura besoin au moins du double pour juste les convaincre d’avoir une conversation!
- Je n’ai jamais dit que ce serait simple ! Ni proposer d’y aller de but en blanc... Je voudrais qu’on puisse les pousser suffisamment pour en parler franchement !
- Comment ?
- Ils sont aussi possessifs l’un que l’autre, Mika déteste savoir que tu couches avec Naza par exemple, ça le rend fou ! Dal se contrôle mieux uniquement parce que ça ne se passe pas sous son nez ! S’il te voyait avec l’autre, crois-moi ce serait pas pareil ! Là où je veux en venir, c’est que “jouer” devant eux, ça peut les faire bouger !
- Ce genre de chose, ça mène généralement à faire souffrir une partie ou deux !
- Mmmh... Dans le cas des couples normaux ! Là je te propose de jouer qu’entre nous quatre !
Il me lance un regard presque dur, mais surtout résolu et je comprends ou il veut en venir... Je glisse mes mains sur ses épaules, soupirant de sentir la forme incroyable de chacun de ses muscles dansant sous sa peau. Je prends un temps incroyable pour les dessiner, appréciant de le sentir frissonner, m’attardant ensuite sur la base de ses cheveux marron. Je me sens poussé des ailes, le sentant se tendre contre moi alors qu’il approche doucement son visage, juste pour se mettre à porter.
- Est-ce que par hasard, tu aurais aussi une quelconque demande à faire vis-à-vis de Naza ?
J’ai l’impression que nos yeux se parlent tout autant que nos bouches, nos regards scotchés bien trop fort, sans pouvoir s’en dépêtre.
- Toi et moi, j’ai envie d’essayer ! Mais je ne partage pas !
- Ce qui est très étrange au vu de tout ce que tu viens de me dire !
- Peut-être, mais, je considère qu’il y a un ”nous“, il n’en fait absolument pas partie !
Doucement, il me mord la joue, semblant même hésiter à me laisser une marque possessive. Il me toise de toute sa hauteur, m’englobant complètement, semblant me toucher partout à la fois ! Ses lèvres papillonnent partout sur ma mâchoire, descendant doucement vers ma nuque. Je le suis sans y penser, penchant la tête à mesure de ses baisers. J’ai imaginé tant de fois ce genre de scène, mais bien au-delà de tout. Au plaisir bien distinct de parvenir à envenimer une personne se mêlent ses sentiments qui s’imprègnent sur ma peau à chaque fois que sa bouche imprime son passage. Félix me gratifie d’une attention si particulière que je n’aurais certainement pas imaginée venant de lui tant il semble constamment calme et maître de lui, jovial et avenant. Pourtant c’est bien lui qui dévore avidement mon cou, me laissant soupirer chaque lettre de son prénom avec une résonnance particulièrement chaude.
- Ça veut dire que je veux l’exclusivité Edosan...
Je retombe difficilement dans la salle d’entrainement, me rendant compte de tout ce qui est en train de se passer juste là ! Je lui ai tout abandonné, si désireux de voir où il voulait me mener. L’odeur presque particulière qui règne ici me claque soudainement le nez, tentant peut-être de me rappeler où je suis, mais je n’en ai pas envie. Ici ou ailleurs, si Félix le propose, je ne suis pas homme à refuser !
- On est bien d’accord ?
Et ce n’est certainement pas sa voix bouillante qui s’éclate contre mon épiderme malmené qui va me convaincre de me montrer moins gourmand. Encore moins quand il me ceinture plus fort, m’amenant à lui grimper autour des hanches tandis qu’il me soulève si facilement, me faisant ainsi sentir largement son envie pour moi. Je m’accroche juste à lui, affamé, nouant mes chevilles dans son dos alors que je me dandine inconsciemment.
Il m’assure d’une seule main, la deuxième s’infiltrant finalement sous mes vêtements alors qu’il grogne fort, comme un animal mécontent sur le point de sauter d’une falaise. Je le sens passer la barrière de mon training si facilement, tirant sur l’élastique alors que son immense paume se plaque vigoureusement sur ma fesse.
Je gémis piteusement, toujours figurant, n’arrivant pas à avoir les idées suffisamment claires pour me reprendre un tant soit peu ! Je ne suis pas sans expérience pourtant ! Cependant, il n’y a rien à faire, Félix a une telle ascendance sur moi que je n’arrive pas à juste tout lui accorder, suivant simplement chaque désir ou demandes qui transparaît dans ses gestes. Ses phalanges qui se font bien trop familières, se permettant d’effleurer mes bourses, mimant même de laisser un doigt m’explorer plus intimement.
Mais il n’en fait rien, ne se permettant pas d’aller plus loin, laissant alors naître en moi la plus furieuse des frustrations me faire geindre.
- Félix...
- Que tu joues, drague, ou quoiqu’il se passe avec Mika et Daldrei, c’est pour nous. Mais personne d’autre ! À ”nous" tout entier, Edosan, personne d’autre ! On est d’accord ?
À ces mots il se redresse, ses yeux cherchant les miens. Il attend une réponse, je le comprends bien, mais ma bouche s’y refuse... En même temps, il a laissé son majeur s’affranchir de pudeur, tournant juste en cet instant autour de mon anus impatient. Il me laisse le temps de comprendre qu’il ne fera rien de plus jusqu’à ce que je consente à sa demande, ne s’impatientant pas non plus de celui dont j’ai besoin pour légèrement me reprendre.
- Oui Félix, évidement... Plus de Naza ni personne d’autre...
Je peine à comprendre toutes mes réactions, je ne me laisse pas autant aller habituellement... Je suis même plutôt meneur ! Entre ces doigts, je ne suis qu’un pantin lâche dont il tire les ficelles à sa guise et ça m’excite terriblement !
- Bien !
La tentation disparait, tout comme la chaleur de sa main. Il me sourit, rayonnant, semblant ravi, me laissant complètement paumé.
- Si on en revenait à la raison de notre présence ici ?
- ... Tu déconnes ? Félix !
Il explose de rire, m’approchant de lui pour m’offrir une pluie de b****r papillon sur tout mon visage.
- Je suis très heureux que tu sois si réceptif à moi...
- Tu vas me laisser dans cet état ?!
- Mon pauvre trésor... Je suis désolé, mais le temps m’est compté et j’ai vraiment besoin de toi !
Je me défais de son emprise et reprends mes distances, boudant sans honte alors qu’il reste hilare.
- Je te promets de me rattraper très vite, mais j’ai absolument pas envie de tirer un coup rapide avec toi, alors sois patient
- Ça dépend, patient pendant combien de temps ?
- À ce point-là trésor ?
- Peut-être... Si je reste longtemps affamé, je devrais peut-être demander de l’aide à Naza...
- Vraiment ?
Le sourire se fane, je le vois bien, mais il tente de conserver son sang-froid.
- Je serais alors obligé de te punir...
Son regard est sérieux, et très honnêtement, je me laisserais sincèrement séduire par la possibilité de le laisser me mettre la fessée...
- Bon ! Je t’écoute, pour quelle raison m’as-tu demandé de venir ici ?
L’ambiance change derechef, éclatant toute trace d’oisiveté qui pourtant pourrissait la pièce une seconde auparavant.
- Daldrei m’a parlé d’une chose ! Quand tu es arrivé en ville, c’est lui qui s’est chargé de ton interrogatoire non ?
- Oui, c’était il y a cinq ans. Je ne me souviens plus trop de ce qu’on a dit, mais c’est lui oui.
- Il m’a dit que tu lui avais parlé des méthodes d’éducation que tu avais suivies là-bas, notamment des entrainements spéciaux...
- Oui... On a des cours intensifs de sport tous les après-midi jusqu’à nos douze ans, ensuite en fonction de nos futures occupations, on adapte les formations.
- Tu aurais suivi celle des soldats.
- Oui, j’ai suivi celle des soldats.
Il est un peu sur la réserve, m’amenant à l’être de mon côté aussi. Je déteste parler de mon passé, ils le savent tous ! Grandir là où j’ai vécu, parmi toutes leurs ennemies... En arrivant sur les terres des Démons, je savais que je passerais sous la douche et que je devrais tout déballer ! C’est ce que j’ai fait, expliquant absolument tout ce que je savais des gens des plateformes. C’est sans doute la pire trahison pour eux, c’est vrais pourtant je ne regrette pas, je n’ai aucun sentiment à ce sujet...
Je déteste viscéralement chaque seconde que j’aie pu passer parmi les Maitre-Chanteurs !
- Je les ai vu se battre Edosan. Ils ont des techniques que les Démons ne connaissent pas ! Sans doute, car elles ne sont pas adaptées à leur corpulence et leur force... Bref ! Ce que je voudrais savoir c’est... Est-ce que tu pourrais me les montrer ?
- Oh !
Je n’y avais pas pensé ! Je ne sais pas comment il a pu voir des soldats des plateformes se battre étant donné qu’ils ne se sont jamais, à ma connaissance, avancés aussi profondément sur les Terres. Mais je mets tout ça de côté ! Rapidement, des figures et prises me viennent directement en tête, les souvenirs affluant bien trop vite pour que je puisse faire le trient.
- Trésor !
Les deux grandes mains de Félix entourent mon visage et il ancre son regard aux miens, me laissant un endroit où m’accrocher.
- Si tu ne peux pas ou que c’est trop douloureux, ce n’est pas grave !
- Je... Ça t’aiderait ?
- Mmmh... On va dire que ça pourrait franchement m’être utile ? Mieux les connaître, les contrer... ce genre de truc.
- D’accord. Laisse-moi réfléchir alors. Je ne sais pas trop par où commencer...
Et c’est ainsi que nous passons plus de quatre heures à expliquer les bases et montrer des prises dont je me souvenais. Je n’ai jamais été doué, mais Félix l’est assez pour nous deux ! Alors même si je semble bien souvent incapable de montrer l’exemple, il se montre bon élève, et me laisse le temps nécessaire. Je me concentre sur mes souvenirs des affrontements d’humain à humain, mais Félix me demande aussi de lui montrer des mouvements qu’on a pour contrer au maximum les Démons.
Il est concentré et sérieux, tout comme l’idée que j’ai de lui. S’il a obtenu un tel poste dans sa condition d’humain, ce n’est pas parce qu’il est resté les bras croisés ! Mais j’admire sincèrement sa persévérance, le voyant bien souvent prendre des notes dans un carnet usé, chacune des pages noires gribouillées d’encre blanche de sa grossière écriture.
Il n’a plus rien dit, n’a aucun moment, mais une question me brule les neurones. Je l’ai compris très vite, il y a quelque chose là-dessous, quelque chose de lourd ! Mais à la fin de la séance, épuisé, je n’arrive pas à décrocher mon regard de lui.
- Ça y est, t’es accroc ?
Il plaisante, passant une serviette éponge aussi claire que ses yeux, sur son visage.
- Comme ci !
- Qu’est-ce que t’as alors ?
- Félix... Comment ça, ”tu as déjà vu comment ils se battent ?"
Un long soupir à fendre l’âme se fait entendre malgré le tissu devant sa bouche.
- C’est une longue histoire...
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Prochain chapitre : BONUS : Le village de pécheur
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