Il rentra dans son appartement, se doucha. Il s’attendait à ce que Munoz le rappelle dans la soirée ou dans la nuit et restait couché dans l’obscurité sans s’endormir, énervé par cette attente stérile. Des soirs comme ça, il regrettait de ne pas fumer. Les clopes, le cendrier, l’odeur auraient rempli le vide. Il n’avait que du vin médiocre, dont la dégustation solitaire n’aurait pas permis de se donner une contenance. Il attendait et ne faisait que cela. Justement ce soir-là il n’eut aucun appel. Les coups de fil anonymes avaient brusquement cessé, comme s’ils avaient perdu leur objet. Ce silence même devenait une pression, comme si l’interlocuteur inconnu disait ainsi explicitement on n’en a plus rien à foutre de toi, l’affaire est classée. Il s’assoupit. Quand il se redressa sur un co


