Paul devait se concentrer sur le petit personnel, sur les hommes de mains, les seuls qui pourraient être jetés en pâture à l’opinion si le scandale éclatait. Longuin, le play-boy aux fourrures, était de ceux-là. Paul profita d’un moment de liberté dans la semaine pour se rendre à la bibliothèque d’Abbeville afin d’éplucher la presse quotidienne. Le député auquel était attaché Longuin avait acquis une stature nationale depuis quelques années, les situations de crise lui profitaient. Il attendait les prochains remaniements et une prochaine recomposition d’alliances pour accéder aux dernières marches du pouvoir. Pendant cette attente les micros lui étaient volontiers ouverts, il ne manquait jamais une occasion de faire part de sa vigilante opposition, tant qu’il ne partagerait pas le gâteau…


