30 Le vent avait commencé à coucher les hautes herbes couronnant les buttereaux. De l’ouest arrivait une forte odeur marine, un mélange d’iode et de varech. Les rares chevaux sauvages sur la dune trottinaient tous dans la même direction, vers le sud, peut-être pour rallier un endroit qu’ils savaient abrité. En altitude, les goélands et autres oiseaux marins se laissaient porter par des courants glacés qui les emportaient vers le large tandis que les phoques, occupants exclusifs de cette immense baignoire qu’est le barachois, la lagune au sud du bourg de Miquelon, pointaient le bout de leur museau au ras de l’eau, sans doute pour apprécier la détérioration progressive des conditions météorologiques. Le Gentil crut sentir la froideur cristalline d’un flocon sur sa peau. Il enleva la capuch


