au coeur d'une mémoire effacée

3045 Mots
Quelques minutes plus tard, les policiers arrivent sur les lieux. Ils fouillent partout et finissent par trouver Alexandra attachée à une chaise au milieu d’une boucherie. Près d’une vingtaine d’hommes à la gorge lacérée, décapités ou éventrés. Ils trouvent également Nicolas tué d’une balle dans la tête. Les policiers libèrent Alexandra, puis Casanova en profite pour lui poser quelques questions. Casanova (contrarié) : « vous pouvez me dire ce qui vous a pris de partir sans prévenir ? » Alexandra : « ils allaient nous échapper encore une fois, je n’allais pas permettre ça » Casanova : « qu’est-ce qui s’est passé ? » Alexandra : « j’ai suivi Nicolas et Cornelius jusqu’au bâtiment principal de la mairie. C’est là que le chef de la sécurité les a menacés et a même tiré sur l’un d’entre eux. Ses gardes les ont transportés ici et… » Casanova : « pourquoi n’avez-vous pas appelé les renforts ? » Alexandra : « c’était ça le problème. J’étais justement en train de composer le numéro du commissariat lorsque le chef de la sécurité m’a menacé avec son arme. Il ne voulait pas que vous soyez au courant de ce qu’il se préparait à faire » Casanova : « comment ça ? » Alexandra : « il voulait exécuter Nicolas et Cornelius » Casanova : « d’après ce que je vois, ses gardes et lui n’ont pas été épargnés, eux aussi. » Alexandra : « les gardes ont tué Nicolas et Cornelius, et ensuite le chef de la sécurité voulait que je devienne une sorte de jouet pour lui, mais… » Casanova : « c’est à ce moment que cette boucherie a eu lieu n’est-ce pas ? Qui a fait ça ? » Alexandra : « je n’en sais rien. » Casanova : « vous devez quand même pouvoir me décrire l’auteur de ce chef-d’œuvre macabre ! Vous pourriez quand même me dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme » Alexandra : « je vous assure, inspecteur, je ne me rappelle plus de rien à part ça» Stonecold : « peut-être que son cerveau a refoulé certains souvenirs trop traumatisants pour elle, certains médecins disent que ça arrive parfois » Casanova (à Alexandra) : « on va retourner au commissariat. Je vous préviens tout de suite, le commissaire est un peu remonté contre vous » Quelques heures plus tard, au commissariat, Aphrodite est en train de remonter les bretelles à Alexandra. Aphrodite (furieuse) : « mais où aviez-vous la tête ? Partir comme ça sans prévenir ? Et si vous étiez morte ? Comment j’allais expliquer la mort d’un commandant qui exerce dans mes locaux ? » A toutes ces questions, Alexandra garde le silence. Aphrodite (lisant une note d’observation) : « vingt-et-un hommes tués par des méthodes que même moi je trouve un peu cruelles. Gorges lacérées, corps décapités, etc. » Casanova : « ces hommes ont tué les deux pirates restants » Aphrodite : « Nicolas et Cornelius ? » Casanova : « ils ont été tués d’une balle dans la tête chacun » Aphrodite : « non pas que je doute de ce qu’a dit Alexandra, mais cette note que je tiens dit qu’il n’y a qu’un seul corps avec une balle dans la tête » Casanova (regardant la note d’observation) : « quoi ? » Aphrodite : « la question est : est-ce nous qui avons mal compté les cadavres ou alors Alexandra nous cache quelque chose ? » Casanova : « je vais lui parler » Aphrodite : « non jeune homme, vous en faites déjà bien assez. Je vais demander à ce qu’elle soit dirigée en salle d’interrogatoire tout de suite. Je vais lui tirer les vers du nez, moi » Une dizaine de minutes plus tard, alexandra est assise dans la salle d’interrogatoire, elle ne comprend pas ce qui se passe. Aphrodite entre dans la salle. Pendant ce temps, Casanova et Stonecold vont dans la salle du légiste pour vérifier les différents corps. Aphrodite : « commandant, vous me décevez un peu » Alexandra : « qu’est-ce ce je fais là ? » Aphrodite : « où est passé Cornelius ? » Alexandra : « j’ai déjà dit à l’inspecteur que je n’en savais rien » Aphrodite : « vous voulez me faire croire que ce type s’est envolé alors que vous dites bien qu’on lui a tiré dessus ? » Alexandra : « je vous ai dit ce qui s’est passé. Vous avez ma déposition, tout ce que je savais, je l’ai dit » Aphrodite : « où est donc passé le corps de Cornelius ? » L’interrogatoire battait encore son plein, Casanova et Stonecold ont terminé la vérification et sont revenus dans leurs bureaux. Stonecold : « le légiste a bien dit que plusieurs balles ont été tirées dans cet endroit. Nicolas a été touché à l’épaule et à la tête. Mais où se trouve Cornelius ? Alexandra nous a pourtant dit qu’il a été abattu, lui aussi. Mais on n’a pas de corps et elle ne sait peut-être pas qui est responsable de la boucherie qu’on a trouvé au sous-sol de la mairie » Casanova : « tu as vu Alexandra oublier facilement un détail ou un évènement ? Moi non. Les membres de l’ordre de la Croix Bleue ont attaqué ce commissariat, mais elle n’était pas dans cet état. » Stonecold : « c’est bizarre quand même de sa part » Casanova : « essayons de réfléchir en posant ses souvenirs en ordre ; les pirates ont été séquestrés par les agents de la sécurité. Commençons au sous-sol : un, les deux pirates étaient déjà blessés. Cornelius au genou, Nicolas à l’épaule. Evènement suivant, les deux pirates sont abattus d’une balle dans la tête chacun. » Stonecold (en train de prendre des notes) : « jusque-là, tout va bien » Casanova : « jusque-là, disons que c’est assez limpide. Maintenant, les gardes et leur chef se font tuer par des individus non identifiés et le corps de Cornelius disparait. C’est là qu’on entre dans le flou. Alexandra semble avoir des trous de mémoire à ce niveau. Et si ce n’était pas des trous de mémoire ? » Stonecold : « vous insinuez que cette fois encore, il y aurait de la magie dans l’air ? » Casanova : « écoute un peu quelque chose. Tu te rappelles de l’opération menée chez l’antiquaire ? Elle a pourtant vu les visages de ses agresseurs, elle les a vus prendre des amulettes, j’étais là moi aussi. Mais le type qui lui a touché la tête a récité une incantation. Quelques jours plus tard, elle n’était même pas en mesure de me si elle a été cambriolée ou pas. Elle soutenait même qu’elle avait juste perdu ce qui avait été volée sous ses yeux » Stonecold (stupéfait) : « il y a des gens capables de faire ça ? » Casanova : « si je ne l’avais pas vu à l’œuvre, je n’y aurais jamais pensé » Stonecold : « c’est dingue ! » Casanova : « tu parles ! Je suis sûr qu’il y a l’un de ces ordres impliqué là-dedans » Stonecold : « inspecteur, est-ce possible d’inverser le processus ? Je veux dire, est-ce que c’est possible de faire qu’elle recouvre la mémoire ? » Casanova : « c’est vrai que c’est une question géniale ça, Stone… » Stonecold : « il faut qu’on sache qui est l’auteur de ce c*****e » Casanova : « je vais demander à quelques personnes. Peut-être qu’elles peuvent rétablir la mémoire d’Alexandra » Stonecold : « vous parlez de ces enfants, n’est-ce pas ? » Casanova : « je ne peux rien te cacher. Je vais leur demander de l’aide sur ce coup » Stonecold : « vous croyez qu’ils seront d’accord ? » Casanova (se dirigeant à l’extérieur du commissariat) : « on le saura tout à l’heure. » Quelques heures sont passées, Alexandra est toujours en salle d’interrogatoire. Aphrodite l’y a laissée seule. Elle reçoit un coup de fil de la Division. Chef de la Division : « allô commissaire De Guzman » Aphrodite : « allô chef » Chef de la Division : « je viens de recevoir un appel du nouveau maire. Il semblerait que la situation soit grave. Une vingtaine de morts enregistrés, deux criminels recherchés également abattus. Etait-ce un affrontement ? Ont-ils attaqué la mairie ? » Aphrodite : « je ne sais quoi dire, monsieur. Nous travaillons activement pour élucider le flou de cette affaire » Chef de la Division : « vous avez intérêt. Le nouveau maire n’est pas très content et il réclame une élucidation rapide » Aphrodite : « il n’a pas le droit d’exiger quoique ce soit. Lorsque ses gardes ont agi, ils ont décidé de passer outre notre autorité » Chef de la Division : « le problème c’est qu’il n’est pas bon pour un représentant de la loi d’être en de mauvais termes avec le maire. La ville serait vraiment… » Aphrodite : « c’est entendu chef » Chef de la Division : « c’est conclu dans ce cas. Faites ce qu’il faut pour éclaircir cette affaire au plus vite » La nuit tombe, Casanova se dirige vers son véhicule. Il a à peine le temps de l’ouvrir qu’il manque de se faire empaler par l’épée de Zédicus, il l’esquive in extremis en se faisant effleurer au passage. Casanova esquive toutes les attaques de Zédicus et réussit à le plaquer contre sa voiture. Il parvient à désarmer l’Arcane VII mais se fait surprendre et propulser à quelques mètres. Casanova se relève et se précipite pour ramasser l’épée mais Zédicus étend sa main et son arme vient à lui en lévitant. Casanova dégaine alors son fusil et le pointe sur Zédicus. Zédicus : « pourquoi es-tu toujours vivant ? » Casanova : « je dois avoir beaucoup de chance » Zédicus : « mon épée t’a transpercé le ventre, tu devrais être mort à l’heure qu’il est » Casanova : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir vraiment tué » Zédicus récite une incantation. Une brume sombre enveloppe son épée. Il se dirige en courant vers l’inspecteur qui réagit en tirant. Mais l’Arcane VII bloque les balles avec sa lame et se prépare à décapiter Casanova lorsqu’il reçoit deux balles dans le dos, tirées par Aphrodite. Zédicus ralentit et retombe sur ses genoux. Puis il reçoit encore deux autres balles de la part d’Aphrodite qui se rapproche. Zédicus, pris au piège, disparait. Aphrodite regarde autour d’elle pour s’assurer qu’il n’y a personne d’autre. Aphrodite : « vous êtes entier ? » Casanova : « je crois que oui » Aphrodite : « qu’est-ce qu’il voulait ? » Casanova : « me tuer » Aphrodite : « pourquoi ? » Casanova : « à cause du fait qu’on a gâché leur occasion de s’emparer du Cullinan » Aphrodite : « sans blague ! Donc je peux me préparer à recevoir ce genre de visite, moi aussi ? » Casanova : « ça se pourrait… » Aphrodite (rangeant son arme) : « vous êtes sûr que vous me dites bien tout, inspecteur ? » Casanova : « je vous dis bien tout » Aphrodite : « vous êtes d’accord avec ce qui arrive au commandant Bayles ? » Casanova : « non. Je pense qu’il y a un détail qui a dû nous échapper » Aphrodite : « dans ce cas, je vous donne jusqu’à demain pour trouver ce détail » Casanova : « d’accord, commissaire » De retour chez lui, Casanova se met à réfléchir sur le moyen d’entrer en contact avec les autres élus. Son regard se pose alors sur le livre de magie qu’il avait utilisé pour transformer son arme en amulette. Il se met alors à fouiller le livre en espérant trouver un moyen d’entrer en contact avec les enfants ou El. Soudain, quelqu’un frappe à sa porte. Casanova a aussitôt sorti son arme puis il ouvre la porte lentement, c’est Yanou. Casanova laisse éclater une joie indescriptible au point de sauter dans tous les sens, sous les yeux de Yanou qui ne comprend pas la réaction de l’inspecteur. Casanova l’invite à entrer et à prendre place. Ensuite, il lui propose même à boire, à la grande surprise de Yanou. Casanova : « tu n’imagines pas à quel point je suis content de te voir, petit » Yanou : « vous n’êtes jamais content de nous voir, sauf si vous cachez bien vos émotions, ce qui est impossible parce que je vois tout » Casanova : « non, ce n’est pas de la colère. Il faut avouer que vous m’avez donné beaucoup de matière à réflexion depuis des semaines. Maintenant je commence à comprendre petit à petit le fonctionnement de la magie et cela élargit bien ma réflexion » Yanou : « je vous vois venir, vous voulez quelque chose. Qu’est-ce que c’est ? » Casanova : « j’ai failli oublier, toi tu es sans doute le plus futé d’entre eux. J’ai un service à te demander. Je souhaite fort que tu l’acceptes » Yanou : « je vous écoute » Casanova : « la jeune femme qui enquête avec moi a des ennuis et je pense qu’on lui a effacé la mémoire ou un truc dans le genre » Yanou : « le commandant Bayles ? » Casanova : « c’est elle. Elle a été le témoin du meurtre de vingt-et-un gardes de la mairie de la ville mais elle ne se souvient pas de ceux qui ont fait ça » Yanou : « la vache ! Vingt-et-un ? Elle a peut-être été envoûtée ou hypnotisée pour oublier » Casanova : « je n’en sais rien. Je voudrais savoir si tu peux m’aider. » Yanou : « oui, je peux. Mais… » Casanova : « je pourrais te payer si tu veux. Combien ? » Yanou : « non, je ne veux pas de votre argent. Vous êtes comme nous. Je peux vous aider mais j’ai besoin de Ping » Casanova : « l’asiatique ? » Yanou : « oui. Il excelle dans les incantations et les formules magiques. Vu que je ne sais pas comment elle a été hypnotisée, je ne peux pas agir seul » Casanova : « tu sais où il est, ce Ping ? » Yanou : « oui. Je peux vous montrer l’endroit si vous voulez » Casanova (prenant les clés de sa voiture sur la table) : « allons-y, il y a urgence » Yanou : « ok » Le lendemain arrive, Alexandra est maintenue sous surveillance au commissariat sous ordre du commissaire Aphrodite De Guzman. Stonecold est à l’extérieur, il attend Casanova avec impatience. Quelques minutes plus tard, Casanova arrive en voiture, mais il n’est pas seul. Ping, Yanou et Kim sont avec lui. Ils entrent dans le bâtiment et vont ensemble dans la salle d’interrogatoire où Alexandra est déjà assise. Alexandra (à voix basse à Casanova) : « qu’est-ce qu’ils font ici ? » Casanova : « ne vous en faites pas, on règle votre problème de mémoire maintenant » Alexandra : « comment ça ? Je vous dis que je ne me souviens de rien » Yanou : « Ping, à toi de jouer » Ping se met à réciter une formule à voix basse de manière continue, Alexandra commence à se toucher la tête, comme si elle avait mal. Ping continue de réciter, Alexandra commence à avoir des souvenirs. Puis, elle revit toute l’histoire depuis l’observation de ce qui s’est passé à la mairie jusqu’à l’assassinat de tous les gardes sous ses yeux. Au même instant, Yanou lui demande d’ouvrir les yeux et plonge son regard dans le sien. Les yeux de Yanou deviennent comme ceux d’Alexandra (couleur de l’iris, aspect, etc.). Désormais, il voit exactement tout ce que voit Alexandra dans sa tête pendant que Ping continue de réciter sa formule. Après quelques minutes, Ping arrête brusquement, les yeux de Yanou redeviennent normaux. Alexandra est sous le choc de ce qu’elle a vu dans ses souvenirs. Yanou rapporte alors fidèlement tout ce qu’il a vu à Casanova.
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